En France depuis quelques années, la prise en charge des cancers s'effectue par l'intermédiaire de réseaux locaux. Objectif : que chaque patient ait un égal accès à des soins de qualité en tout point du territoire ! Radiothérapeute au centre Etienne Dolet de Saint-Nazaire, le Dr Philippe Bergerot est à la tête de l'un des 60 réseaux locaux du pays, Lesquels regroupent des établissements de santé bien sûr, des soignants indépendants et même des associations. A l'occasion du MEDEC, il a fait le point sur son expérience. Une expression revient souvent dans son discours : "l'égalité des soins". "Pour parvenir à cet objectif, il faut homogénéiser les pratiques professionnelles. Nous nous sommes donc dotés d'un 'guide de bonnes pratiques cliniques'" validé et suivi par chaque membre du réseau. La technique de la visioconférence est aussi au coeur du système.
Tous les dossiers épineux sont régulièrement soumis à différents spécialistes -chirurgiens, radiothérapeutes, cancérologues- qui se réunissent par téléphone et vidéo... La décision thérapeutique est donc toujours le fruit d'un travail en équipe. "Et pour le médecin, cette technologie permet un précieux gain de temps". Si l'ensemble paraît bien rôdé, le Dr Bergerot relève toutefois quelques lacunes. Au niveau administratif notamment "avec un problème de statut qui reste à définir". Mais les difficultés sont également d'ordre culturel. "Tous les soignants n'ont pas la culture 'réseau'. Au cours de nos études, on nous apprend à être individualistes. On veut être le meilleur. Dans un réseau c'est tout le contraire. On partage tout. Les gens ont un peu peur que le patient leur échappe. Il doit donc régner une grande confiance entre chacun".