Echauffement planétaire oblige, le printemps avance et l'hiver recule. Profitant de l'aubaine, nombres de plantes et d'animaux allongent leurs périodes d'activités. Un moustique américain Wyeomyia smithii a même vu son génome transformé : l'évolution est en marche. Certains oiseaux et batraciens pondent plus tôt qu'il y a trente ans. Les scientifiques interprètent ce phénomène comme une adaptation au réchauffement climatique, sans qu'il y ait de conséquences pour le patrimoine génétique de ces animaux. Cependant, pour la première fois, un chercheur américain a démontré l'impact du climat sur le génome d'un moustique américain. William Bradshaw, de l'université de l'Oregon, a étudié différentes populations de moustiques Wyeomyia smithii, isolées en 1972, 1988, 1993 et 1996. Les échantillons les plus récents entrent en phase de dormance, pour passer l'hiver, huit à dix jours plus tard que ceux des années 70, dans des conditions pourtant identiques d'élevage. Pour William Bradshaw, il n'y a qu'une seule explication : une mutation entraînant un retard dans la mise en dormance a été favorisée par l'allongement de la saison chaude. Le chercheur pense que cet insecte n'est pas le seul concerné et que le génome d'autres organismes est peut-être déjà modifié du fait des changements climatiques de la deuxième moitié du XXème siècle.
Sciences&Avenir :
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