Une équipe de l'INSERM a réussi à mettre au point une combinaison de molécules qui diminue chez la souris le risque de rejet après une greffe cutanée. Son utilisation chez l’homme pourrait intervenir très rapidement car ces deux molécules bénéficient déjà d’une autorisation de mise sur le marché (AMM).
L’un des défis majeurs de la transplantation est d’éviter le rejet de l’organe ou du tissu greffé par l’organisme du receveur. Lors d’une greffe dite allogénique (provenant d’un donneur A différent du receveur B), le système immunitaire reconnaît le greffon comme un élément étranger. Il s'emploie alors à le détruire au même titre qu’un virus lors d’une infection par exemple.
Pour empêcher ce phénomène, les médecins utilisent de puissants médicaments immunosuppresseurs mais ces composants ont ouvent des effets toxiques. Des équipes INSERM de José Cohen et Philippe Grimbert (Unité 955/Université de Paris Est Créteil – Institut Curie et hôpital européen Georges Pompidou) ont travaillé sur une molécule aux propriétés très intéressantes : la cytokine interleukine 2 (IL-2). Celle-ci est utilisée dans le traitement de certains cancers et du diabète de type 1. Elle peut ralentir l’action du système immunitaire, ce qui pourrait donc diminuer le risque de rejet de greffe.
Les chercheurs ont constaté qu'en combinant l’IL-2 et la rapamycine (un immunosuppresseur) sur des souris, celles-ci ne montraient aucun signe de rejet 30 jours après la greffe cutanée. "C’est très encourageant quand on sait qu’habituellement ce rejet intervient dans les 10 jours" soulignent ces scientifiques. Reste à présent à passer aux essais cliniques chez l'homme…
Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash