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Des racines pour lutter contre le cancer du sein métastatique
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Des études menées par le chercheur José Thaiparambil au Winship Cancer Institute de l'Université d'Emory ont montré qu'une molécule, la withaférine-A, empêche les cellules cancéreuses situées au niveau du sein de métastaser (multiplication et migration). Lorsque cette molécule, extraite de racines de la plante Withania somnifera utilisée en médecine traditionnelle indienne, a été administrée aux souris, aucune migration des cellules cancéreuses dans des tissus voisins n'a été remarquée.
En 2010, une équipe menée par Guy Lahat à l'Université du Texas avait démontré, grâce à l'analyse de la withaférine-A et de ses analogues, que des approches thérapeutiques ciblant les cellules cancéreuses métastasiques étaient justifiées. Les recherches de l'équipe d'Emory viennent donc confirmer ces résultats, après des essais chez la souris.
Les propriétés anti-métastatiques de la withaférine-A pourraient constituer la base de traitements thérapeutiques visant à prévenir les récidives de cancer du sein. De plus, les chercheurs testent actuellement l'efficacité de cette même molécule sur d'autres types de cancers. La withaférine-A vient de la plante Withania somnifera, également connue sous le nom d'Ashwagandha, dont les racines sont utilisées dans la médecine ayurvédique qui est une des plus anciennes médecines du monde.
La withaférine-A est connue pour lier et ainsi désactiver les protéines vimentines, protéines produites en excès dans les cellules cancéreuses, en particulier celles des tumeurs invasives. Il a été observé que les tumeurs produisant une quantité importante de vimentine ont de grandes chances de métastaser dans d'autres parties du corps et donc de former un cancer généralisé. En neutralisant cette protéine, la withaférine-A réduit ainsi le risque des cellules cancéreuses de proliférer invasivement.
"La plupart des patients qui meurent d'un cancer meurent à cause des métastases, non de la tumeur primaire", explique Adam Marcus, professeur adjoint en hématologie et en oncologie médicale au Winship Cancer Institute de l'Université d'Emory et au Georgia Cancer Coalition. "Notre objectif n'était pas de trouver un moyen de tuer les cellules, mais plutôt d'éviter qu'elles migrent et envahissent d'autres tissus".
La withaférine-A semble empêcher la vimentine de constituer l'architecture de la cellule. Chez la souris, la withaférine-A limite les cellules du cancer du sein de se propager aux poumons. Des tests sur plusieurs versions chimiquement modifiées de la withaférine-A ont révélé qu'un acide aminé particulier de la protéine (l'acide aminé sérine56) est essentiel pour sa capacité à perturber la vimentine et donc son activité anti-invasive. Les résultats ont montré que la withaférine-A a une faible activité toxique et apoptotique (mort des cellules) à des concentrations inférieures ou égales à 500 nM (500 nanomoles/litre), mais conserve une puissante activité anti-invasive à cette dose.
Dans les années 1990, des scientifiques à la Northwestern University Medical School à Chicago ont découvert que les souris dépourvues de vimentine se développaient normalement, un résultat surprenant pour une protéine filamenteuse qui maintient la forme cellulaire tout en participant à l'adhésion, la migration, la survie et au processus de signalisation cellulaire. Ceci suggère que l'utilisation clinique de la withaférine-A pour neutraliser la vimentine pourrait avoir un minimum d'effets secondaires sur le patient. Les essais cliniques à venir montreront s'il est possible d'administrer à faibles doses la withaferine-A sur des longues périodes de temps afin de prévenir les métastases du cancer, soit en combinaison avec la chimiothérapie, soit après les traitements anticancéreux.
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