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Le premier bébé français de la génétique est né
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Selon nos informations, le premier bébé français choisi par les techniques de la génétique est né dans la nuit de dimanche à lundi à l'hôpital Antoine-Béclère de Clamart (92). Né un mois et demi avant terme, le bébé est prématuré et les médecins attendent quelques jours avant de se prononcer définitivement sur le succès de cette opération. En tout état de cause, sa naissance est une première scientifique en France puisque l'enfant dont on ignore le sexe n'est pas censé porter le gène néfaste que l'un de ses parents risquait de lui transmettre. Cette naissance marque l'application dans notre pays du diagnostic pré-implantatoire (DPI), c'est-à-dire l'analyse génétique et la sélection d'embryons. Ce procédé, autorisé sur le territoire depuis à peine plus d'un an, permet à des parents porteurs du gène d'une maladie génétique « particulièrement grave et incurable » comme la mucoviscidose ou la myopathie de Duchenne d'espérer avoir un enfant indemne de cette pathologie. Une technique de sélection déjà utilisée dans d'autres pays, et plus récemment pour la naissance du bébé américain, Adam, qui avait sauvé la vie de sa soeur Molly. Cette avancée médicale est le résultat du travail de deux équipes : celle de René Frydman, chef du service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital Béclère et celle d'Arnold Munnich, pédiatre généticien, patron du centre de génétique de l'hôpital Necker-Enfants malades à Paris. Car pour mener à bien une telle grossesse, les deux équipes ont dû surmonter plusieurs handicaps (voir notre infographie). D'une part, il a fallu que les médecins procèdent à une fécondation in vitro (FIV). Dans un tube à essai, ils ont donc « fabriqué » des embryons à partir des ovules de la mère et des spermatozoïdes du père. Même si cette technique est aujourd'hui couramment utilisée, elle ne réussit que dans 25 % à 30 % des cas. Ensuite, une fois que les embryons ont atteint le stade de « huit cellules », il faut prélever une cellule sur chaque embryon pour la soumettre au diagnostic génétique. Grâce à la biologie moléculaire, les scientifiques sont en effet aujourd'hui capables de détecter sur une seule cellule naissante la marque d'une maladie génétique à venir. « Les médecins n'ont pas trop le droit à l'erreur, explique Jacques Montagut, spécialiste de la reproduction au Comité d'éthique, ils ne peuvent prélever qu'une seule cellule, au maximum deux, sinon ils risqueraient d'altérer l'embryon. » Troisième étape enfin, seuls les embryons non porteurs du gène malade sont réimplantés dans l'utérus de la femme et une grossesse alors tout à fait normale peut démarrer. Pour plus de sécurité, les médecins pratiquent en début de grossesse une amniocentèse (analyse des cellules du foetus) pour s'assurer que l'enfant à naître est bien indemne. En France, on estime que quatre cents couples pourraient bénéficier de ce diagnostic pré-implantatoire. Ce sont soit des couples déjà parents d'un enfant atteint d'une maladie génétique incurable et qui souhaitent un deuxième enfant, soit des couples qui risquent de transmettre ces maladies à cause de leurs antécédents familiaux. Pour le moment, trois centres seulement sont autorisés en France à pratiquer ce type de diagnostic sur les embryons : celui de Necker-Béclère à l'origine de cette première naissance, celui du professeur Israël Nisand à Strasbourg et très récemment, un nouveau centre au CHU de Montpellier.
Parisien : http://www.leparisien.fr/
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