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Une nouvelle étape vers un vaccin anti-tabac
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D’après une étude dont les travaux viennent d’être publiés dans le dernier numéro de la revue Science Translational Medicine, des chercheurs américains auraient réussi à mettre au point le tout premier vaccin génétique anti-nicotine. Testé chez la souris, il permettrait, après une seule injection, d’immuniser l’organisme contre les effets addictifs de la nicotine, en empêchant cette dernière d’atteindre le cerveau.
En France, plus de 14 millions de personnes s'adonnent à la cigarette. Et malgré les campagnes successives pour lutter contre cette pratique addictive et les hausses régulières des prix, ce chiffre semble incompressible. Si la plupart des fumeurs ont bien compris la nocivité de ce produit, beaucoup ont du mal à arrêter. D’après les dernières estimations des spécialistes, un fumeur sur 3 souhaiterait en finir avec cette addiction, mais 2 tentatives sur 3 se soldent par un échec. Patch, pâtes à mâcher, acupuncture et autres méthodes anti-tabac ne semblent pas être au final efficaces…
Face à ce constat, de nombreuses équipes de scientifiques à travers le monde cherchent le traitement qui pourrait un jour permettre aux « accros » de la cigarette d’en finir avec cette mauvaise habitude. C’est dans ce contexte que Ronald Crystal et ses collègues de l'Université de Weill Cornell Medical College ont mis au point un vaccin s’appuyant sur la thérapie génique. Ils ont en effet intégré, dans un vecteur adénoviral, la séquence génétique d’un anticorps à la nicotine, qu’ils ont ensuite injecté à des souris qui étaient atteintes de maladies oculaires ou qui avaient développé des tumeurs suite à l’inhalation de tabac.
Très vite, les chercheurs ont constaté que la séquence génétique de l’anticorps s’était insérée dans le noyau des hépatocytes, entraînant ainsi une production régulière de ce dernier au niveau du foie. Relargués dans la circulation sanguine, les anticorps sont à l’affût de la moindre molécule de nicotine, afin de « l’engloutir » et de la détruire avant qu’elle n’atteigne le cœur ou le cerveau. La nicotine ne peut donc pas se fixer sur les récepteurs cérébraux qui provoquent le plaisir et l’addiction à la cigarette. Ainsi, d’après les chercheurs américains, une dose unique de ce vaccin permettrait de lutter contre l'addiction à la nicotine. En effet, après vaccination, les chercheurs ont observé une baisse du taux de nicotine dans le cerveau de 85 %.
Si les résultats de cette étude sont très encourageants, il faudra attendre de nombreuses années avant que ce vaccin novateur soit testé sur l’homme et lui permette, un jour d’être la nouvelle arme anti-tabac.
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