RTFlash

RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 1304
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 04 Avril 2025
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Egalement dans ce numéro
TIC
Les neurones effectuent de meilleurs calculs logiques que prévu
Matière
L'énergie hydrolienne intégrée à la prochaine feuille de route énergétique de la France
Le Japon mise sur l’hydrogène nucléaire
Une batterie à base de cellulose performante et bon marché
Un matériau carboné 2D aussi solide que le graphène et huit fois plus robuste
Vivant
Etre végétarien permet d'éviter des maladies mais entraîne un risque plus élevé de fractures
Une thérapie lumineuse contre le cancer de l'ovaire
Les édulcorants augmenteraient le risque de maladies cardiovasculaires
Les pères maltraités dans leur enfance en garderaient une trace dans leurs spermatozoïdes
Un prototype d'ordinateur biologique à base de neurones humains...
Un médicament contre le paludisme pourrait agir contre le cancer
La vitamine D, véritable espoir dans le traitement de la sclérose en plaques
Le corps fabriquerait ses propres antibiotiques
Une première mondiale à Montpellier contre la mucoviscidose
Vers une modélisation prédictive des épidémies grâce à l’IA
Edito
Moteur à plasma et propulsion nucléaire pourraient révolutionner l'aviation et les voyages spatiaux



Cette semaine, je reviens sur le sujet passionnant des progrès en matière de propulsion aérienne et spatiale. Cette question, que j’aborde régulièrement dans RT Flash, a pris récemment une importance nouvelle à la lumière de récentes avancées technologiques, mais également dans un nouveau contexte de réchauffement climatique plus rapide et plus violent que prévu. Commençons par le domaine spatial, marqué par une compétition exacerbée entre la Chine, les États-Unis et l'Europe. Il y a quelques jours, une équipe conjointe de la société General Atomics et de la Nasa a testé la résistance à la chaleur d’un moteur nucléaire et est parvenue à chauffer du combustible nucléaire à 2400 degrés. L’idée serait de l'utiliser en remplacement du moteur chimique actuel. Il produirait une chaleur très intense, portant le carburant (de l’hydrogène) à des températures élevées et assurant une poussée bien plus efficace que celle des moteurs actuels. Ce moteur nucléaire pourrait permettre de réduire de moitié, voire des trois quarts, le temps de vol vers Mars, soit un voyage d'un mois et demi, au lieu d’environ 8 mois, avec les technologies actuelles de propulsion chimique.

L'enjeu est crucial et ne se réduit pas à une simple prouesse technique. Il faut en effet savoir que les astronautes qui partiront sur Mars risqueraient, avec les fusées actuellement disponibles, d'être exposés à des doses cumulées de radiations cosmiques dangereuses par leur santé, si l'on ne parvient pas à réduire ce temps de voyage (aller-retour) de 16 mois, pendant lequel il est très difficile de les protéger suffisamment des radiations nocives, sauf à alourdir de manière excessive leur vaisseau spatial. Ce problème rédhibitoire a conduit la Nasa à relancer son programme DRACO (Demonstration Rocket for Agile Cislunar Operations) en 2023. L’ESA (Agence spatiale européenne) explore une voie similaire avec le projet RocketRoll : un démonstrateur de fusée à fission est attendu pour 2035. La Nasa avait déjà travaillé sur un moteur nucléaire il y a plus de 60 ans, mais ces recherches avaient été abandonnées pour des raisons budgétaires. En outre, réduire drastiquement ce temps de trajet entre la Terre et Mars permettrait, en cas de problèmes vitaux sur la future base permanente martienne, d'avoir une bien meilleure chance d'envoyer à temps une mission de secours sur la planète rouge. Reste que les défis techniques sont nombreux à relever, à commencer par le chauffage contrôlé du combustible nucléaire à des températures très élevées dans le vide spatial. « Nous sommes très encouragés par ces résultats positifs prouvant que le combustible peut survivre à ces conditions de fonctionnement, nous rapprochant de la réalisation d'une propulsion thermique nucléaire sûre et fiable pour les missions dans l'espace lointain », souligne Scott Forney, Président d'EMS (Electromagnetic Systems (EMS), chez General Atomics.

Dans ce projet, le moteur nucléaire serait utilisé en complément d’un moteur chimique et activé seulement en orbite. Des boucliers seraient prévus dans le vaisseau spatial, pour protéger les habitacles accueillant les astronautes des radiations cosmiques. Ce retour en grâce du nucléaire spatial ne doit rien au hasard car Donald Trump, lors de son discours d’investiture, le 20 janvier 2025, a réaffirmé son ambition, face au grand rival chinois, de planter le premier le drapeau américain sur Mars, avec le concours actif de son partenaire politique et industriel, Elon Musk, patron de SpaceX.

En mars dernier, une start-up américaine, RocketStar, a dévoilé un nouveau moteur ionique compact et très novateur, intégrant la fusion nucléaire et baptisé FireStar Fusion Drive. D’après RocketStar, il s’agit du premier système de propulsion électrique au monde qui intègre la fusion nucléaire. Il faut savoir que les moteurs à plasma pulsé existent depuis des décennies. Leur première utilisation date de l’époque soviétique, quand la sonde spatiale Zond 2 a survolé la planète Mars en 1964. Les moteurs ioniques ont des caractéristiques, efficacité, simplicité, endurance, qui intéressent au plus haut point toutes les agences spatiales au monde, à commencer par la NASA, qui expérimente cette technologie depuis un quart de siècle. RocketStar mise sur une conception unique de moteur à plasma pulsé alimenté à l’eau. L’idée consiste à générer des protons à grande vitesse, et donc de la poussée, en ionisant la vapeur d’eau. Pour améliorer davantage les performances, la société a mis en œuvre une forme unique de fusion nucléaire aneutronique. La grande innovation présente dans ce nouveau moteur FireStar Fusion Drive repose sur une réaction de fusion provoquée par l'injection contrôlée de bore dans les gaz d’échappement. Ce procédé permet une interaction entre les noyaux de bore et les protons qui se déplacent à grande vitesse et peuvent ainsi augmenter considérablement la poussée du propulseur ionique. Ce nouveau système de propulsion spatiale a été expérimenté avec succès au High Power Electric Propulsion Laboratory (HPEPL) de Georgia Tech à Atlanta, en Géorgie, aux États-Unis. « RocketStar n’a pas seulement amélioré progressivement un système de propulsion, mais a fait un pas en avant en appliquant un concept novateur, créant une réaction de fusion-fission dans les gaz d’échappement », souligne Adam Hecht, professeur de génie nucléaire à l’Université du Nouveau-Mexique. Le FireStar Fusion Drive devrait prochainement être testé dans l’espace, dans le cadre de missions menées par la société aérospatiale D-Orbit (Voir Aerospace Testing International).

Il y a quelques jours, des chercheurs de Rosatom, l’agence nucléaire russe, ont annoncé, eux-aussi, le développement d’un moteur électrique à plasma. Selon ces scientifiques, ce moteur serait capable de propulser un vaisseau spatial vers Mars en moins de deux mois, au lieu des 6 à huit mois nécessaires avec une propulsion chimique (Voir World Nuclear News). Contrairement aux moteurs de fusée actuels qui utilisent des carburants chimiques, lourds et délicats à utiliser, ce moteur développé par Rosatom utilise un accélérateur à plasma magnétique. Ce système utilise deux électrodes entre lesquelles des particules chargées, comme des électrons et des ions, sont propulsées sous l’effet d’une haute tension électrique. Le courant intense ainsi généré produit un champ magnétique puissant qui expulse à grande vitesse des particules ionisées hors de la chambre de combustion, produisant ainsi une poussée très puissante et continue.

L’un des principaux avantages de cette technologie est son efficacité énergétique. Contrairement aux moteurs chimiques, dont la majeure partie de l’énergie est perdue sous forme de chaleur, le moteur à plasma convertit la quasi-totalité de l’énergie électrique en puissance de propulsion, ce qui autorise des missions spatiales de longue durée. Le choix de l’hydrogène comme carburant constitue également une rupture majeure, car ce gaz léger et abondant dans l’espace est bien adapté pour alimenter ce type de moteur. Il permet d’accélérer les électrons et les protons à des vitesses inégalées, pouvant atteindre 100 km/s (soit 360 000 km/h), contre seulement 4,5 km/s pour la propulsion chimique. En outre, le moteur à plasma génère une poussée continue, une propriété décisive qui pourrait permettre au vaisseau spatial de continuer à accélérer tout au long de son voyage, contrairement aux moteurs chimiques qui sont rapidement en manque de carburant dans ce cas de figure. Le développement de ce moteur à plasma de Rosatom a franchi une étape clé avec la création d’un prototype à l’Institut Troitsk. Celui-ci atteint déjà une puissance de 300 kW. Selon Konstantin Gutorov, conseiller scientifique du projet, la durée de vie du moteur dépasserait les 2 400 heures, une autonomie suffisante pour assurer un voyage complet vers Mars. Lors des missions, le moteur à plasma sera d’abord mis en orbite grâce à des lanceurs chimiques conventionnels. Il prendra ensuite le relais pour propulser le vaisseau vers Mars. Si les performances de ce moteur ionique russe sont confirmées, cette technologie pourrait marquer un tournant majeur dans l’exploration spatiale.

Au niveau européen, l’Agence spatiale européenne, soucieuse de ne pas se laisser distancer par les États-Unis, la Russie et la Chine dans cette course vers l'exploration des planètes lointaines, a présenté, fin 2024, son projet RocketRoll, pour la propulsion nucléaire électrique destinée à l’exploration spatiale. L'objectif est de doter l’Europe de systèmes de propulsion nucléaire capables d’assurer des missions spatiales de longue durée. L'exploration des planètes lointaines du système solaire, à commencer par Mars, suppose de relever de redoutables défis technologiques, liés aux contraintes physiques de stockage des carburants chimiques qui conditionnent la durée des missions, mais aussi à l’efficacité énergétique et à la fiabilité des systèmes de propulsion. L’Agence spatiale européenne (ESA) avait ainsi commandé, il y a un peu plus d’un an, des projets de propulsion nucléaire destinés à l’exploration spatiale. L’un d’eux, baptisé "RocketRoll", est piloté par un consortium dirigé par la société Tractebel et constitué des principaux acteurs européens de l’aérospatiale et du nucléaire. Ce projet doit à présent permettre de réaliser un prototype de système à propulsion nucléaire électrique (NEP), dans la perspective de voyages spatiaux de longue durée pour explorer l'espace lointain.

Aujourd’hui, deux voies technologiques distinctes font l'objet de recherches pour relancer la propulsion nucléaire spatiale : la propulsion nucléo-thermique ou nucléaire électrique. Le projet RocketRoll consiste à explorer la faisabilité de cette seconde voie. Dans ces systèmes, l’électricité produite par un réacteur électronucléaire permet d’alimenter des propulseurs électriques ioniques. Au sein de ces derniers, un gaz est ionisé et forme un plasma, et des ions sont accélérés puis éjectés pour générer la poussée. « Grâce à sa densité énergétique considérable, le NEP offre des avantages révolutionnaires en termes de vitesse, d’autonomie et de flexibilité. Cette technologie de propulsion innovante a le potentiel de transformer l’exploration spatiale et la mobilité spatiale en permettant des missions de plus longue durée, ce qui pourrait façonner l’avenir de l’exploration interplanétaire » souligne Tractebel. Au-delà de sa performance énergétique pour le voyage, l’Agence spatiale européenne précise que le NEP « pourrait aussi être utilisé sur la surface de la Lune ou de Mars pour alimenter de futures bases ». Le consortium regroupe les principaux acteurs européens de l’aérospatiale et du nucléaire : Tractebel, le CEA, ArianeGroup, Airbus, Frazer Nash, ainsi que des chercheurs de l’Université de Prague et de Stuttgart et des ingénieurs d’OHB Czechspace et d’OHB System à Brême.

La nouvelle feuille de route technologique européenne pour développer un système NEP prévoit la réalisation d'un vaisseau spatial de démonstration qui pourrait tester en vol les systèmes NEP pour les missions dans l’espace lointain d’ici 2035. Derrière cet ambitieux projet, on trouve un objectif affiché de construction d'une véritable souveraineté européenne, en matière de technologies spatiales. Il s'agit en effet de disposer d'ici 20 ans de toute une palette de solutions d’énergie nucléaire, allant des radio-isotopes aux systèmes de fission, et, parallèlement, d'organiser une chaîne de valeur européenne pour les solutions nucléaires dans les applications spatialesDans un premier temps, les ingénieurs visent un réacteur nucléaire d'environ un mètre cube délivrant une puissance inférieure à 1 mégawatt. Le combustible envisagé est de l'uranium enrichi, contrôlé par un système de barres. L'objectif est de sortir un premier démonstrateur fonctionnel d'ici 10 ans, pour valider le concept et les technologies. Reste que les défis à relever sont nombreux. Il faut notamment garantir la sûreté nucléaire du lanceur en cas de défaillance technique, et garantir un fonctionnement autonome et fiable sur de longues périodes dans l’espace, grâce à une assistance robotique très sophistiquée. Brieuc Spindler, responsable du projet RocketRoll, précise que « Le démarrage du réacteur nucléaire n'aura lieu qu'à très haute altitude afin d'être sûr d'éviter les retombées ».

Il faut rappeler qu'en 2018, l’Esa avait présenté un moteur ionique révolutionnaire, capable de collecter son propre carburant en évoluant simplement dans l’atmosphère pour y rassembler certains gaz, ce qui a ouvert la voie à des satellites évoluant en orbite très basse pendant plusieurs années. Et ce nouveau type de moteur ionique peut fonctionner aussi bien dans l’atmosphère terrestre que dans l'atmosphère plus ténue de Mars. Ce prototype a fait ses preuves dans une chambre sous vide qui peut reproduire le même environnement que celui qu'on trouve à 200 km d’altitude. « Il n’y a pas de vannes ou de pièces complexes – tout fonctionne sur une base simple et passive. Il suffit d’alimenter les bobines et les électrodes pour obtenir un système de compensation de traînée extrêmement robuste », écrit l’Esa. Concrètement, ce système de propulsion très novateur fonctionne en trois phases. La première repose sur une alimentation classique du moteur ionique avec du xénon. Ensuite, le xénon est remplacé par un mélange d’air composé d’oxygène et d’azote. La dernière phase a consisté à couper l’arrivée du xénon pour ne faire appel qu’à des molécules présentes dans l’atmosphère (l’oxygène et l’azote la composent à plus de 99 %) (Voir The European Space Agency).

Mais si ces moteurs ioniques, encore appelés moteur à plasma, sont appelés à révolutionner l’exploration spatiale et l'autonomie des satellites, ils pourraient bien également, plus rapidement qu'on ne l'imagine, changer la donne dans les transports aériens civils et militaires, des drones aux avions de ligne. Fin 2018, le MIT a présenté un incroyable avion qui vole sans combustibles fossiles et ne contient aucune partie mobile. Il plane dans les airs en utilisant le principe de la propulsion électroaérodynamique. Il fonctionne sans hélices ni turbines, en utilisant une propulsion à l’"état solide" ("solid-state propulsion"). L’électroaérodynamique, dans laquelle des forces électriques accélèrent des ions dans un fluide, constitue une méthode alternative pour propulser les aéroplanes sans parties mobiles, et sans émissions de combustion. Les chercheurs du MIT expliquent que cet avion est propulsé par un "vent ionique", c’est-à-dire ce flux d’ions produit à bord de cet appareil. Le dispositif est toutefois complété par une "voilure fixe", ainsi que par des batteries et un convertisseur de puissance. Grâce à ce remarquable concept d’aéroplane, ces chercheurs ont réussi à dépasser les limites qui existaient jusqu'à lors, et à disposer d'une puissance de poussée suffisante pour envisager un aéroplane léger à propulsion ionique. Concrètement, les ions présents dans le flux et influencés par un champ électrique sont accélérés par la force de Coulomb, en entrant en collision avec des molécules électriquement neutres. Il en résulte la production de ce “vent ionique” qui produit une force de poussée dans la direction opposée à celle du flux d’ions. C’est ainsi que la propulsion électroaérodynamique permet à ce drone de voler de manière totalement propre et silencieuse (Voir MIT). Ces drones à propulsion ionique pourraient évidemment trouver une multitude d'applications, aussi bien dans le secteur commercial (livraisons urbaines silencieuses) que dans le domaine militaire (furtivité), le secteur de la sécurité (surveillance incendie) ou encore le domaine spatial (exploration de Mars).

Enfin, j’ajoute qu'en 2020, des chercheurs chinois de l’Institut des sciences technologiques de l’Université de Wuhan ont présenté, eux-aussi, un prototype de propulsion aérienne révolutionnaire qui utilise des plasmas à micro-ondes pour la propulsion par jet. Ces scientifiques sont parvenus à générer un jet de plasma en comprimant l’air à des pressions élevées et en utilisant des micro-ondes pour ioniser le flux d’air sous pression. Cette technologie est distincte des autres propulseurs à jet de plasma, comme la sonde spatiale Dawn de la NASA, qui utilise un plasma au xénon, qui fonctionne bien pour propulser de manière fine les satellites mais génère une puissance bien trop faible pour pouvoir être utilisée dans le transport aérien. Ce système de propulsion à plasma chinois est capable de produire un plasma à haute température et haute pression en utilisant uniquement de l’air et de l’électricité. Le prototype peut soulever une bille d’acier de 1 kilogramme sur un tube en quartz de 24 millimètres de diamètre, où l’air à haute pression est converti en jet de plasma en traversant une chambre d’ionisation à micro-ondes. En démultipliant un tel rendement énergétique à l’échelle d'un avion de ligne, ces chercheurs affirment qu'il est possible d'atteindre une pression de poussée comparable à celle d'un turboréacteur d’avion commercial. « Nos résultats ont démontré qu’un tel turboréacteur à base de plasma d’air à micro-ondes peut être une alternative potentiellement viable au turboréacteur à combustibles fossiles et peut permettre d'envisager de gros avions totalement propres et neutres sur le plan du climat », souligne le Professeur Jau Tang, professeur à l’Université de Wuhan (Voir AIP Advances).

Si la propulsion nucléaire de nouvelle génération restera probablement confinée, pour des raisons évidentes de sécurité, à des usages spatiaux, il n'en va pas de même pour les systèmes de propulsion ionique qui, en raison de leurs performances exceptionnelles, de leur neutralité climatique et de leur longévité, ont vocation à se diffuser à l’ensemble des transports aériens. Face à la Chine et aux États-Unis, qui ont bien compris les enjeux énormes de cette mutation technologique, la France et l'Europe ne doivent pas rater cette révolution technique et industrielle de premier ordre et doivent consentir un effort financier suffisant, sur le long terme, pour maîtriser cette technologie d'avenir qui pourrait bien, avant le milieu de ce siècle, bouleverser les transports aériens et rendre totalement compatible leur développement avec la sortie des énergies et carburants fossiles et l'impératif mondial de lutte contre le changement climatique.

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

e-mail : tregouet@gmail.com


TIC
Information et Communication
Les neurones effectuent de meilleurs calculs logiques que prévu
Mercredi, 02/04/2025 - 18:56

On sait que les réseaux de neurones peuvent résoudre toutes sortes de calculs, mais que peut faire un neurone isolé ? Les modèles en vigueur depuis plus d’une cinquantaine d’années estiment que ses capacités restent limitées, et c’est sur ce modèle que les intelligences artificielles actuelles ont été fondées. Or, elles sont particulièrement énergivores et peu efficaces comparées à ce que fait la nature, ce qui amène certains scientifiques à penser qu’un neurone aurait en fait plus de cordes à son arc.

Des chercheurs et une chercheuse de l’Institut d’électronique, de microélectronique et de nanotechnologie (IEMN, CNRS/Univ. de Lille/Univ. Polytechnique Hauts-de-France), du Laboratoire des neurosciences cognitives et computationnelles (LNC2, INSERM/ENS – PSL) et du laboratoire Gènes, synapses et cognition (GSC, CNRS/Institut Pasteur) ont montré qu’un neurone isolé est capable de davantage de calculs logiques que ce qui était communément admis.

Ceux-ci appartiennent à la catégorie des opérations linéairement non séparables, que les modèles classiques de neurones artificiels isolés ne parviennent pas à résoudre. Cette incapacité pourrait être une des raisons du manque d’efficacité énergétique des réseaux actuels. Dans ces travaux, des neurones biologiques ont résolu seuls un problème où il faut réagir uniquement quand des stimulations excitatrices codant pour des formes sont associées à d’autres codant pour des couleurs.

Pour faire calculer les neurones, ces derniers sont stimulés par un neurotransmetteur excitateur, le glutamate. Celui-ci est emprisonné dans des cages d’où il est libéré par des faisceaux laser, ce qui permet un contrôle précis de la stimulation du neurone. Les différents endroits où agit alors le glutamate permettent au neurone de faire l’opération désirée. Une électrode fixée sur le neurone permet de vérifier qu’il s’active quand les conditions sont correctes, ce qu’il parvient bien à faire. L’équipe de l’IEMN veut à présent établir si des neurones artificiels ayant cette capacité formeraient des réseaux de neurones artificiels plus performants.

CNRS du 24.02.2025 : https://www.insis.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/les-neurones-effectuent-de-meilleurs-calcu...

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Matière
Matière et Energie
L'énergie hydrolienne intégrée à la prochaine feuille de route énergétique de la France
Mercredi, 02/04/2025 - 18:30

La PPE3 est l’un des trois piliers de la Stratégie française pour l’énergie et le climat, aux côtés de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), et du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), dont la dernière version a été présentée le lundi 10 mars par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.

Sa préparation a débuté en 2021, avec plusieurs phases de participation du public les années suivantes. Placée sous l’égide de la Commission nationale du débat public (CNDP) fin 2024, la concertation nationale a mobilisé 50.000 participants et permis de recueillir plus de 7500 propositions en six semaines. Même si plusieurs modifications au projet de PPE ont été intégrées, cette dernière mouture reste assez proche de la version mise en concertation.

Les ambitions du Pacte éolien en mer (18 GW de puissance installée en 2035, 45 GW en 2050) sont ainsi garanties, et « un appel d'offres hydrolien de 250 MW sera lancé au Raz Blanchard avec un objectif d'attribution d’ici à 2030 », confirme le projet de PPE3 soumis à la consultation. « Selon les résultats du premier appel d'offres et l’évolution des coûts de la technologie, un ou plusieurs appels d’offres complémentaires pourront être lancés, notamment sur la même zone ».

Une décision saluée par la société française HydroQuest, déjà engagée dans la construction de la ferme hydrolienne FloWatt d’une capacité de 17 MW, comprenant 6 turbines, dont la mise en service est prévue en 2028 en Normandie. « L’attribution de ces premiers 250 MW ouvre la voie à l’accélération de l’industrialisation de la filière en France », commente l’entreprise. Elle estime qu’à terme, « la filière de l’hydrolien représente la création de milliers d’emplois qualifiés, la structuration d’une chaîne de valeur industrielle française et le développement de savoir-faire exportables à l’échelle européenne et mondiale pour un marché estimé à 300 milliards d’euros ».

Mer et Marine : https://www.meretmarine.com/fr/energies-marines/l-energie-hydrolienne-integree-a...

Le Japon mise sur l’hydrogène nucléaire
Lundi, 31/03/2025 - 18:34

Le Japon se prépare à réaliser une avancée majeure dans la production d’hydrogène en utilisant l’énergie nucléaire. Ce projet ambitieux, piloté par la Japan Atomic Energy Agency (JAEA), vise à construire la première installation mondiale de production d’hydrogène alimentée par un réacteur nucléaire de nouvelle génération. En exploitant la chaleur considérable générée par le réacteur à haute température refroidi au gaz (HTGR), le Japon espère produire de l’hydrogène sans émission de dioxyde de carbone, ce qui représente une nouvelle étape vers une transition énergétique décarbonée.

L’hydrogène est considéré comme un élément clé dans la transition vers un monde décarboné. Utilisé comme carburant propre pour le transport, la production d’électricité et divers processus industriels, l’hydrogène offre des avantages environnementaux significatifs. Cependant, les méthodes actuelles de production d’hydrogène sont souvent énergivores et dépendent des combustibles fossiles, compromettant ainsi leurs bénéfices écologiques.

Le projet de la JAEA propose une solution prometteuse en utilisant l’énergie propre du nucléaire pour produire de l’hydrogène de manière durable et efficace. Le HTGR représente une avancée significative dans la conception des réacteurs nucléaires. Contrairement aux réacteurs conventionnels qui utilisent de l’eau pour le refroidissement, les HTGR utilisent du gaz hélium, leur permettant d’atteindre des températures beaucoup plus élevées. Cette technologie innovante pourrait transformer la façon dont l’hydrogène est produit et utilisé à l’échelle mondiale. Les réacteurs HTGR se distinguent par leur capacité à atteindre des températures bien supérieures à celles des réacteurs conventionnels, dépassant 1472°F (800°C). Cette capacité à générer des températures extrêmement élevées, jusqu’à 870°C (1598°F), est essentielle pour leurs capacités de production d’hydrogène. La chaleur excédentaire du réacteur sera utilisée pour alimenter un processus thermochimique connu sous le nom de cycle sulfur-iodine.

Ce processus utilise une série de réactions chimiques pour décomposer l’eau en hydrogène et oxygène, avec la chaleur du HTGR fournissant l’énergie nécessaire. Cette méthode propose un moyen propre et efficace de produire de l’hydrogène sans recourir aux combustibles fossiles, contribuant ainsi de manière significative aux efforts de décarbonisation. Le réacteur d’essai de haute température (HTTR), situé à Oarai, dans la préfecture d’Ibaraki, est central dans ce projet. La JAEA prévoit de connecter l’installation de production d’hydrogène et le HTTR via des canalisations, permettant la circulation de gaz hélium à haute température.

La JAEA prévoit de soumettre prochainement son plan pour l’installation à l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) pour examen. La NRA mènera un examen approfondi de la sécurité du projet, en se concentrant sur l’impact potentiel de l’installation d’hydrogène sur le réacteur nucléaire. La JAEA vise à obtenir l’approbation de la NRA en 2025 et à commencer la construction en 2026. Elle espère également commencer à produire de l’hydrogène d’ici 2030.

Hello Biz du 06.02.2025 https://hellobiz.fr/2025/02/06/le-japon-mise-sur-lhydrogene-nucleaire-une-premie...

Une batterie à base de cellulose performante et bon marché
Lundi, 31/03/2025 - 18:31

Actuellement, ce sont les batteries au lithium qui dominent le marché de la voiture électrique. Cependant, elle est loin d’être respectueuse de l’environnement en raison de l’utilisation de terres rares. À cela s’ajoute un niveau de sécurité assez faible en raison d’un risque élevé d’incendie et d’explosion. La jeune entreprise singapourienne Flint affirme avoir trouvé une solution pour s’affranchir de ces problèmes. Elle a effectivement développé une cellule plus sûre et moins coûteuse que le lithium-ion, tout en offrant une densité d’énergie et une longévité comparables. Celle-ci consiste en une batterie à base de cellulose végétale.

On sait qu’au lieu d’incorporer du lithium ou encore du cobalt, la batterie de Flint utilise du zinc et du manganèse, des minéraux qui sont plus abondants et facilement recyclables. « Notre chaîne d’approvisionnement est très abondante et nous n’avons pas besoin de terres rares ou de matériaux toxiques », a déclaré Carlo Charles, PDG de la start-up. Selon l’entreprise, son coût de fabrication tourne autour de 50 dollars/kWh, contre environ 115 dollars/kWh pour les batteries lithium-ion.

Par ailleurs, Flint promet une densité énergétique de 226 Wh/kg, ce qui peut concurrencer celle des batteries au lithium qui avoisine 200 Wh/kg. L’autre avantage de cette nouvelle conception est que la batterie à base de cellulose végétale présente un risque d’incendie quasi nul grâce à l’utilisation d’électrolyte à base d’eau. La cellulose étant un matériau très malléable, il serait possible de fabriquer des batteries ayant des formes spécifiques, ce qui pourrait être très utile dans le domaine automobile.

Batteries News : https://batteriesnews.com/flint-engineering-launches-revolutionary-new-heat-tran...

Un matériau carboné 2D aussi solide que le graphène et huit fois plus robuste
Lundi, 31/03/2025 - 18:27

Les matériaux 2D ont permis de nombreuses innovations. Que ce soit dans la rapidité et l’efficacité de l’électronique, le stockage d’énergie à haute capacité, les capteurs avancés ou encore les technologies portables. Reste que ces matériaux ont une faiblesse : leur fragilité. Des matériaux dérivés du carbone, comme le graphène, ont beau compter parmi les plus solides au monde, ils présentent une extrême faiblesse au niveau de la résistance à la fracture. Une fois que des fissures y apparaissent, elles s’y propagent rapidement, menant finalement à une fracture soudaine. Le graphène se compose d’atomes de carbone rangés dans une matrice hexagonale ordonnée, dite cristalline. Pour rendre de tels matériaux plus robustes, deux voies s’offrent aux chercheurs : le "renforcement extrinsèque", ou le "renforcement intrinsèque".

Le « renforcement extrinsèque » consiste à ajouter des nanostructures en soutien, quand le "renforcement intrinsèque" vise plutôt à introduire des modifications au sein même du plan du matériau. C’est cette dernière piste que des scientifiques de l’université Rice de Houston (Texas, États-Unis) et leurs collaborateurs ont choisi d’explorer… Avec succès ! Bongki Shin, étudiant diplômé en nanoingénierie et en science des matériaux de l’université Rice, est le premier auteur de cette nouvelle étude parue dans le journal Matter le 13 février 2025. Avec ses collègues, il s’est évertué à incorporer dans une monocouche de carbone amorphe (sans structure cristalline) à la fois des régions amorphes et nanocristallines, l’idée étant de fournir de la robustesse en plus de la grande solidité d’un matériau comme le graphène.

Pour mesurer quantitativement la qualité de leur matériau 2D, Bongki Shin et ses collaborateurs ont réalisé des tests de traction in situ sous un microscope électronique à balayage. Cela leur a permis d’observer dans le détail la formation et la propagation des fissures en temps réel. Ce travail a révélé un taux de libération d’énergie chez le nouveau matériau près de huit fois supérieur à celui mesuré dans le cas d’une monocouche de graphène. Les scientifiques ont également noté une amélioration dans la stabilisation des fissures et la déformation au niveau de la fracture. Il en résulte une meilleure absorption de l’énergie par le matériau au cours de la propagation d’une fissure, ce qui expliquerait le caractère à la fois solide et robuste de ce dérivé du carbone.

Techniques de l’Ingénieur :  https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/un-materiau-carbone-2d-au...

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Etre végétarien permet d'éviter des maladies mais entraîne un risque plus élevé de fractures
Mercredi, 02/04/2025 - 18:54

Selon une étude de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), le choix d'un régime végétarien entraîne des effets bénéfiques pour la santé et permet d'éviter certaines maladies comme le diabète. Mais ce régime comporte aussi des inconvénients : notamment un risque plus élevé de fractures.

La balance bénéfices/risques, penche plus en faveur de ce régime végétarien si on regarde les conclusions de cette enquête de l'Anses qui a compulsé toutes les données disponibles sur les effets de ce régime sans viande et sans poisson. Les végétariens ont un risque plus faible de développer un diabète de type 2, des maladies coronariennes, un cancer de la prostate, de l'estomac ou du sang. Ils ont moins de maladies gastro-intestinales, moins de cataractes et les femmes végétariennes ont moins de risques d'avoir des problèmes de fertilité, détaille cette étude.

Ce régime peut aussi avoir un impact parfois négatif sur la santé. En se basant sur des études épidémiologiques, l'Agence de sécurité sanitaire alerte sur un risque de fractures et de malformation congénitale de l'urètre. L'Anses note que les végétariens manquent de fer, d'iode, de vitamines B12 et de vitamine D et qu'ils fixent moins bien le calcium et le phosphore. Tout cela augmente le risque de maladies cardiovasculaires et de fractures de l'os.

C'est encore plus marqué pour les végétaliens qui ne consomment aucun produit animal, et donc pas d'œufs ni de lait. Les végétaliens manquent en plus de vitamine B2, qui aide notre corps à produire de l'énergie et les hommes manquent de zinc. Face à ce constat, l'Anses recommande donc aux végétariens d'ajuster leur régime alimentaire pour couvrir tous leurs besoins nutritionnels en maintenant un régime sans viande ni poisson voire sans aucun produit animal.

Pour cela, l'Anses leur conseille de consommer chaque jour des portions adaptées de fruits et de légumes, mais aussi de légumes secs comme les lentilles ou les haricots, de céréales complètes, d'amandes, de noix, de la levure de bière et du lait, des œufs et du fromage ou leur équivalent pour les végétaliens, comme du lait d'avoine, d'amandes ou de soja. Ces recommandations s'appliquent uniquement aux adultes, mais pas aux femmes enceintes, ni aux personnes âgées ou à ceux qui ont une activité physique intense.

Anses : https://www.anses.fr/fr/content/regimes-vegetariens-effets-sur-la-sante-et-reper...

Une thérapie lumineuse contre le cancer de l'ovaire
Mercredi, 02/04/2025 - 18:28

Le cancer de l'ovaire, difficile à traiter, se soigne par une combinaison de chirurgie et de chimiothérapie. Cependant, la maladie récidive dans 60 % des cas, notamment à cause des lésions résiduelles de la carcinose péritonéale, c'est-à-dire la diffusion de cellules cancéreuses au sein du péritoine. L'amélioration du taux de survie passe donc par l'élimination des cellules cancéreuses ovariennes, tout en limitant les risques que la thérapie s'attaque à des tissus sains. Des chercheurs et chercheuses du Laboratoire réactions et génie des procédés (LRGP, CNRS/Univ. Lorraine), du laboratoire Thérapies assistées par lasers et immunothérapies pour l'oncologie (OncoThAI, CHU Lille/INSERM/Université de Lille) et du Laboratoire de chimie-physique macromoléculaire (LCPM, CNRS/Univ. Lorraine) ont travaillé sur une nouvelle forme de thérapie ciblée, appelée thérapie photodynamique (PDT), pour traiter ces métastases péritonéales d'origine ovarienne.

La PDT est une modalité de traitement médical reposant sur trois éléments essentiels : la lumière, l'oxygène et un photosensibilisateur (PS). Ce dernier est un médicament qui, lorsqu'il est excité par un rayon lumineux, produit des espèces oxydantes qui vont détruire les cellules cancéreuses. La PDT est déjà utilisée couramment en clinique dermatologique. Dans ces travaux, le PS a été modifié afin qu'il puisse cibler spécifiquement les cellules cancéreuses, ce qui rend le traitement plus efficace, mais limite surtout les risques qu'il attaque des tissus sains. Pour y parvenir, les scientifiques l'ont greffé dans un premier temps à l'acide folique, une molécule qui cible des récepteurs surexprimés dans les métastases péritonéales d'origine ovarienne.

Le photosensibilisateur ainsi obtenu a été breveté par ces équipes. Une fois le médicament accumulé dans les cellules cancéreuses, un dispositif lumineux déclenche son action oxydante grâce à des longueurs d'onde bien définies. Ces travaux sont en cours de valorisation grâce au soutien de deux Sociétés d'accélération du transfert de technologies (SATT). Dans un deuxième temps, ces équipes ont également reçu de nouveaux financements pour élaborer des analogues de l'acide folique encore plus stables, et leur conférer des capacités immunostimulantes optimales. 

Science Direct : https://www.scie

Les édulcorants augmenteraient le risque de maladies cardiovasculaires
Mardi, 01/04/2025 - 18:46

Des chercheurs chinois de l'université de Shandong se sont intéressés plus particulièrement aux mécanismes d'action de l'aspartame, l’un des substituts du sucre les plus courants. Les chercheurs ont nourri des souris modifiées génétiquement avec des doses quotidiennes d’aliments contenant 0,15 % d’aspartame pendant 12 semaines, soit une quantité qui correspondrait, pour nous humains, à la consommation d’au moins trois canettes, soit environ 1 litre de soda light par jour. Au bout de 12 semaines, les plaques d'athérome et l’inflammation, des marqueurs de risque cardiovasculaires, étaient plus élevées chez les souris nourries à l’aspartame que chez les autres, et l’analyse de leur sang a révélé une augmentation des niveaux d’insuline.

Les chercheurs ont ensuite montré que ces niveaux élevés d'insuline alimentaient la croissance de plaques graisseuses dans les artères et ont identifié une molécule immunitaire, CX3CL1, jouant un rôle clé dans ce processus. Cette molécule attire les cellules immunitaires vers les parois des vaisseaux sanguins, favorisant ainsi l’inflammation et la formation de plaques d’athérome. En 2022, une analyse de la consommation de plus de 100 000 Français suivis dans le cadre de l’étude NutriNet-Santé a en effet montré que la consommation d’édulcorants était associée à un risque plus élevé de maladies cardio-vasculaires de 9 %.

Par ailleurs, si l’on s’intéresse aux différents produits, la consommation d’aspartame était associée à un risque accru d’accidents vasculaires cérébraux, et la prise de sucralose et d’acésulfame K, à celui de maladies coronariennes (infarctus par exemple). De plus, tous les édulcorants étaient associés à une hausse du diabète de type 2. Dans cette étude, 40 % des participants consommaient des édulcorants et l’apport journalier moyen était de 15,6 mg, ce qui correspond à 100 ml d’une boisson édulcorée. Cette étude avait par ailleurs montré qu’en intégrant toutes les sources alimentaires, les boissons ne représentent en moyenne qu’environ la moitié de l’apport en édulcorants.

« Alors qu’initialement on a pu penser que les édulcorants étaient une alternative sûre vers laquelle se tourner si on voulait limiter le sucre, on se rend compte que ce n’est pas le cas », explique le Professeur Mathilde Touvier, directrice de recherche à l’Inserm et coordinatrice de l’étude NutriNet-Santé. Pour la chercheuse, la recommandation de santé publique qui concerne l’ensemble de la population est de réduire les apports en sucres et en édulcorants par la réduction du goût sucré de l’alimentation, et ce dès le plus jeune âge.

Inserm Presse du 04.02.2025 : https://presse.inserm.fr/cest-dans-lair/69961/

Cell : https://www.cell.co

Les pères maltraités dans leur enfance en garderaient une trace dans leurs spermatozoïdes
Mardi, 01/04/2025 - 18:44

Selon une étude finlandaise de l'Université de Turku, une enfance traumatique pourrait non seulement affecter le développement et la santé d’une personne mais également modifier son héritage biologique. En 2020, ces chercheurs de l’université de Turku avaient déjà constaté, chez 72 couples et leur nourrisson, que le cerveau des bébés, dont le père avait été maltraité durant l’enfance, présentait une légère différence de développement, proportionnelle au degré de maltraitance subie par le père.

Cette fois, ces mêmes chercheurs ont réalisé une analyse épigénétique du sperme de ces pères Celle-ci a révélé que les spermatozoïdes portaient des modifications du "profil de méthylation" de leur ADN, une marque réversible affectant l’expression des gènes. Les spermatozoïdes de ces pères maltraités dans l’enfance présentaient aussi des différences dans leur contenu en ARN, des molécules produites à partir de l’ADN qui contribuent au développement de l’organisme après la fécondation. L'étude conclut que « Ces résultats fournissent des preuves supplémentaires que le stress au cours de la petite enfance influence l’épigénome germinal paternel et révèle un effet possible dans la modulation du développement du système nerveux central de la génération suivante ».

Nature : https://www.nature.com/articles/s41380-024-02872-3

Un prototype d'ordinateur biologique à base de neurones humains...
Mardi, 01/04/2025 - 18:43

A l'occasion du salon mondial de téléphonie mobile de Barcelone, des scientifiques de la société australienne Cortical Labs ont présenté un étonnant prototype d'ordinateur "biologique". Baptisé CL1, ce PC d’un nouveau genre combine des puces de silicium avec des neurones humains pour donner vie à une forme d’intelligence organoïde plus avancée et durable que les intelligences artificielles du marché. « Notre technologie fusionne la biologie avec l’informatique traditionnelle pour créer la machine d’apprentissage ultime. Nous avons ainsi créé le premier ordinateur biologique au monde déployable par code » précise Cortical Labs.

Pour ce faire, les chercheurs australiens se sont inspirés du cerveau qui, avec ses 100 milliards de neurones, dispose d’une puissance de calcul phénoménale par rapport aux machines. Rappelez-vous, lors d’une expérience menée en 2013 avec le superordinateur K, il a fallu mobiliser près de 83 000 processeurs pendant 40 minutes pour simuler l’équivalent d’une seule seconde d’activité neuronale. Un écart d’autant plus impressionnant que le cerveau ne consomme que 20 % de l’énergie totale du corps.

En combinant des neurones humains cultivés en laboratoire aux fameuses puces de silicium qui composent la plupart des appareils électroniques modernes, les chercheurs espéraient ainsi développer une machine beaucoup plus performante que les modèles de langage actuels comme ChatGPT, mais aussi moins gourmande en énergie.

Pour y parvenir, les scientifiques australiens ont mené des expériences pendant six ans sur de minuscules groupes de neurones, appelés organoïdes cérébraux. C’est ainsi qu’ils ont réussi, en 2022, à développer un "mini-cerveau" informatique auto-adaptatif, combinant 800 000 neurones humains et de souris sur une puce, capable de jouer au jeu vidéo Pong. Stade supérieur de l’informatique biologique, leur tout nouvel ordinateur contient quant à lui des centaines de milliers de neurones exclusivement humains, cultivés en laboratoire à partir de cellules sanguines. Ces neurones, de la taille d’un cerveau de fourmi, sont maintenus en vie dans une boîte qui les nourrit de nutriments et éloigne les microbes indésirables. Les puces de silicium, quant à elles, envoient des signaux électriques aux neurones par le biais de petites électrodes et captent leurs réponses en retour, à la manière d’un cerveau miniature.

Résultat : « il apprend si rapidement et de manière si flexible qu’il surpasse complètement les puces d’IA à base de silicium utilisées pour entraîner les grands modèles de langage existants comme ChatGPT », selon le média New Atlas, qui a réalisé un reportage dans les locaux du Cortical Labs à Melbourne, début mars. Sans pour autant chercher à remplacer les modèles de langage actuels, les chercheurs entendent proposer une « intelligence biologique synthétique » capable de prendre des décisions complexes à partir de petites quantités de données. Une action que « les humains, les souris, les chats et les oiseaux peuvent faire mais pas les l’IA pour l'instant », souligne Brett Kagan, directeur scientifique de Cortical Labs.

New Atlas : https://newatlas.com/brain/cortical-bioengineered-intelligence/

Un médicament contre le paludisme pourrait agir contre le cancer
Mardi, 01/04/2025 - 18:41

Des scientifiques de l’université du Texas à El Paso ont découvert que la pyronaridine, un médicament utilisé depuis plus de 30 ans contre le paludisme, avait également des propriétés anti-cancéreuses. Après plusieurs années de recherches sur ce sujet, ils viennent d'obtenir un brevet qui pourrait permettre de l'utiliser contre le cancer. « Louis Pasteur a dit que le hasard favorise les esprits préparés. Lorsque j’ai examiné de près la structure du médicament, j’ai vu qu’il pouvait être utilisé pour attaquer les cellules cancéreuses », explique Renato Aguilera, professeur de sciences biologiques, à l’origine de l’étude.

Le spécialiste du cancer et son équipe ont d’abord testé la molécule sur des animaux et les résultats se sont révélés prometteurs. Ils ont ensuite mené une étude pilote réalisée avec des patients en phase terminale atteints de cancers du sein, du poumon et du foie à un stade avancé. Les volontaires qui avaient reçu la pyronaridine ont vu leur longévité accrue par rapport aux autres. Ces différentes données ont permis d'obtenir un brevet donnant la possibilité de travailler au développement de traitements contre le cancer.

Les recherches ont mis en évidence que la pyronaridine interférait avec l’activité d’une enzyme appelée topoisomérase de type II. Cette dernière aide les cellules cancéreuses à se répliquer. La molécule aide ainsi à ralentir la progression de la croissance de la tumeur. Selon les données recueillies, le médicament encourage également la mort cellulaire programmée des cellules cancéreuses, un processus qui les conduit à “se suicider”.

Autre atout du traitement anti-paludisme : il n’a pas affecté les cellules en bonne santé. Ce qui laisse « les cellules saines intactes tout en tuant les cellules cancéreuses », ajoute Renato Aguilera. « Avec la pyronaridine, nous avons le triplé : une croissance ralentie des cellules, une mort cellulaire programmée et un impact minimal sur les cellules saines », se réjouit le scientifique. « À l’avenir, ce médicament pourrait être utilisé en combinaison avec l’immunothérapie pour accélérer le processus de destruction des cellules cancéreuses ».

EurekAlert : https://www.eurekalert.org/news-releases/1075558

La vitamine D, véritable espoir dans le traitement de la sclérose en plaques
Mardi, 01/04/2025 - 18:37

On estime que 130.000 personnes sont atteintes de sclérose en plaques dans notre pays et l'on compte 5000 nouveaux cas chaque année, principalement de jeunes adultes et des femmes dans presque trois quarts des cas. La maladie commence vers l'âge de 30 ans avec une inflammation au niveau du nerf optique, de la moelle épinière ou du cerveau. Ces plaques d'inflammation vont provoquer une baisse d'acuité visuelle d'un œil ou bien des sensations de troubles d'équilibre, d'engourdissement au niveau des jambes, parfois même une faiblesse au niveau des membres, une maladresse qui va amener le patient aux urgences. Pour éviter aux patients de nouvelles poussées de la maladie, le CHU de Nîmes a mené une étude sur 330 patients pendant deux ans, visant à évaluer les effets de la vitamine D à haute dose sur cette maladie neurologique. Un groupe de 150 patients prenaient un placebo, un autre groupe prenait le traitement à la vitamine D.

Résultat : 74 % des patients prenant de la vitamine D n'avaient pas de nouvelle activité clinique ou radiologique de la maladie, contre 60 % dans le groupe placebo. Mieux encore, le délai avant une nouvelle lésion ou une poussée a presque doublé chez les patients sous vitamine D : 432 jours contre 224 jours. A noter qu’aucun effet indésirable grave associé à la vitamine D n’a été observé. « C'est un résultat très important, notamment pour les pays où l'accès aux traitements de fond est limité pour des raisons économiques », souligne le Professeur Thouvenot. Il recommande également une prise préventive et régulière de vitamine D dès l'enfance, et jusqu'à l'adolescence, pour réduire le risque de SEP. « Jusqu'à une ampoule toutes les deux semaines, il n'y a aucun danger connu », selon le spécialiste.

JAMA : https://jamanetwork.com/journals/jama/article-abstract/2831270

Le corps fabriquerait ses propres antibiotiques
Lundi, 31/03/2025 - 18:32

Des chercheurs israéliens dirigés par Yifat Merbl, professeure à l’Institut des sciences Weizmann, se sont intéressés au protéasome, un système de gestion des déchets des cellules humaines. Le rôle de cette structure, présente à l’intérieur des cellules, consiste entre autres à couper les protéines trop vieilles, pour les recycler. L’équipe de Yifat Merbl a remarqué que certaines parties des protéines humaines avaient toutes les caractéristiques pour avoir une activité antibactérienne. Appelés peptides antimicrobiens, ces éléments ne peuvent avoir une activité que s’ils sont détachés du reste de la protéine. Or, le protéasome a pour fonction de casser les protéines en petits bouts.

Yifat Merbl et ses chercheurs ont donc voulu mesurer l’influence du protéasome lors des infections. Pour ce faire, ils ont isolé des cellules humaines avec une bactérie, une salmonelle, pour voir comment se passait une infection. Ils ont ensuite placé les salmonelles sur des cellules humaines privées de protéasome. Dans ce cas-là, les infections étaient plus intenses. Il semblerait donc bien que le protéasome joue un rôle pour limiter l’infection. Au cours de ses travaux, l’équipe s’aperçoit également que les cellules dont le protéasome était toujours efficace émettaient dans leur environnement des composants antibactériens. Des composants que l’équipe a pu isoler pour prouver leur caractère antibiotique, à la fois sur des cellules in vitro et chez des souris malades.

Alors que la recherche médicale est toujours en quête de nouvelles molécules pour dépasser l’adaptation permanente des bactéries, cette découverte « est une mine d’or potentielle pour de nouveaux antibiotiques, c’est très excitant », a commenté pour la BBC, Lindsey Edwards, microbiologiste au King’s College de Londres.

Invité à commenter cette découverte dans Nature, le biologiste Tim Clausen, de l’Institut de pathologie moléculaire de Vienne, a proposé d’autres applications. Par exemple, apprendre à moduler l’action du protéasome pour augmenter les capacités du corps à se défendre, et donc, réduire le recours aux antibiotiques. Le chercheur souligne aussi l’importance de bien comprendre comment ce mécanisme peut être détourné par les virus, champions du piratage de la machinerie cellulaire. Pour Tim Clausen, cette découverte va permettre de « mieux comprendre la dynamique des coinfections et comment des agents pathogènes peuvent favoriser – ou supprimer – des infections secondaires », écrit-il. C’est donc bien un nouveau champ de recherche prometteur qu’a ouvert Yifat Merbl, et son équipe.

BBC : https://www.bbc.com/news/articles/cpv4jww3r4eo

Une première mondiale à Montpellier contre la mucoviscidose
Lundi, 31/03/2025 - 18:30

Le CHU de Montpellier a annoncé  être à l'origine d'une première française dans le développement d'un traitement contre la mucoviscidose, cette maladie rare et souvent mortelle, qui toucherait 200 nouveau-nés chaque année en France. « Après des années de recherche et d’essais cliniques parfois décevants, un nouveau chapitre s’ouvre avec une étude, portée par le laboratoire Boehringer Ingelheim et menée au CHU de Montpellier », indique le centre hospitalier. Cet essai de traitement s'administre par le biais d'une thérapie génique, « une approche innovante visant à corriger le gène CFTR défectueux ».

Le 4 février dernier, c'est un patient français qui a bénéficié de la première dose de ce traitement. Il est ainsi devenu la deuxième personne au monde à en bénéficier, et le premier en France. L'opération s'est déroulée sous la supervision du docteur Raphaël Chiron, chef d'équipe sur la mucoviscidose chez les adultes et responsable de l'essai, mais aussi d'Alexandre Coudrat, coordinateur de recherche clinique au sein du CHU. Néanmoins, l'hôpital précise que ce qui est toujours une étude est encore « en phase précoce », et que la thérapie génique reste un « candidat médicament ». L'objectif est désormais « d'évaluer » sa sécurité et son efficacité. Pas de quoi effacer l'enthousiasme des équipes du CHU, pour qui « cette première administration chez l’Homme est une étape cruciale, mais aussi un moment chargé d’émotion et d’espoir pour les patients et leurs familles ».

FR 3 : https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/une-nouvel...

Vers une modélisation prédictive des épidémies grâce à l’IA
Lundi, 31/03/2025 - 18:28

Une étude publiée dans Nature et relayée par l’Institut Pasteur met en lumière le potentiel de l’intelligence artificielle dans la modélisation des épidémies. En exploitant des données climatiques, socio-économiques et génétiques, l’IA pourrait permettre d’anticiper l’apparition des maladies infectieuses et d’optimiser la réponse sanitaire. Cependant, des défis éthiques et techniques doivent encore être surmontés pour garantir une utilisation fiable et équitable de ces technologies. L’Institut Pasteur met en lumière les conclusions d’une étude parue le 20 février 2025 dans la revue Nature. Cette recherche, menée par un consortium de scientifiques issus d’institutions prestigieuses telles que l’Université d’Oxford, l’Université de Copenhague et l’Institut Pasteur, démontre comment l’intelligence artificielle (IA) pourrait révolutionner la surveillance et la gestion des épidémies.

Jusqu’à présent, les applications de l’IA dans le domaine de la santé se concentraient principalement sur des aspects individuels, comme l’aide au diagnostic clinique et la médecine de précision. Cette nouvelle étude élargit considérablement le champ d’application en explorant l’impact de l’IA à l’échelle des populations. Elle souligne que, dans les cinq prochaines années, ces avancées pourraient permettre de mieux prédire l’apparition et l’évolution des épidémies, optimisant ainsi la gestion des ressources et la mise en place de stratégies sanitaires adaptées.

« Ces cinq prochaines années, l’IA pourrait révolutionner la préparation aux pandémies. En exploitant les téraoctets de données climatiques et socio-économiques régulièrement collectées, elle nous aidera à mieux prédire le lieu de déclenchement des épidémies et leur trajectoire », affirme le professeur Moritz Kraemer, auteur principal de l’étude et membre de l’Institut des sciences pandémiques de l’Université d’Oxford. En analysant les mutations virales et les interactions entre le système immunitaire et les pathogènes émergents, l’IA pourrait aider à concevoir des vaccins plus efficaces. En prévoyant l’évolution d’une crise sanitaire, les décideurs pourraient mieux allouer les moyens humains et matériels là où ils sont le plus nécessaires.

Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une approche prudente et réfléchie. L’utilisation de l’IA dans la modélisation des pandémies ne peut être efficace sans un cadre rigoureux garantissant la fiabilité des données et l’éthique des algorithmes. « Les épidémies de maladies infectieuses restent une menace constante, mais l’IA fournit aux décideurs politiques de nouveaux outils puissants leur permettant de prendre des décisions éclairées sur, quand et comment intervenir », explique le professeur Samir Bhatt, coauteur principal de l’étude à l’Université de Copenhague. À terme, les chercheurs plaident pour une étroite collaboration entre les gouvernements, les universités et les entreprises du secteur technologique afin de garantir une utilisation responsable et efficace de l’IA dans la surveillance des maladies infectieuses.

Institut Pasteur : https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/documents-presse/comment-ia-va-permettre...

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