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RTFLASH Recherche & Technologie
NUMERO 1303
Lettre gratuite hebdomadaire d’informations scientifiques et technologiques
Créée par René Trégouët rapporteur de la Recherche et Président/fondateur du Groupe de Prospective du Sénat
Edition du 28 Mars 2025
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Egalement dans ce numéro
TIC
La première téléportation quantique entre deux processeurs
Matière
Un réacteur convertit directement le CO2 en carburant en utilisant uniquement l’énergie solaire
Une nouvelle technique pour recycler des cellules solaires sans solvants toxiques
Un nouveau procédé de recyclage pour les déchets textiles en polycoton
Vivant
Une enzyme pour désarmer les tumeurs
Le prozac, nouveau traitement contre la septicémie ?
Une BCG thérapie répétée contre le cancer de la vessie
Les PFAS peuvent altérer la santé du placenta pendant la grossesse
Des anticorps synthétiques plus faciles à produire
Des chercheurs sud-Coréens réussissent à remettre les cellules cancéreuses dans le droit chemin...
Le curcuma pourrait réduire les risques de DMLA
Le tabagisme passif durant l’enfance laisse des traces sur l’ADN
Un nouveau modèle de tumeurs cérébrales offre de l'espoir pour les traitements sur le cancer personnalisés
Les oméga-3 ralentissent le vieillissement
Maladie d’Alzheimer : un test peut détecter la maladie 10 ans avant les premier symptômes
Edito
L'espérance de vie a-t-elle atteint ses limites ?



L’humanité n'a jamais vécu aussi longtemps. En moins d'un siècle, l’espérance de vie moyenne mondiale a atteint 72,5 ans, ce qui représente un bond de 27 ans, sans précédent dans l'histoire de notre espèce. On mesure mieux la rapidité de cette progression quand on rappelle qu'entre l'Empire Romain et la Belle Époque (les années qui ont suivi la Première Guerre Mondiale), cette espérance de vie mondiale moyenne n'a progressé que de 20 ans, pour atteindre péniblement 45 ans en moyenne vers 1900. Mais depuis quelques mois, plusieurs études, qui demandent toutefois à être interprétées avec prudence, semblent montrer à la fois un ralentissement du rythme de progression de l'espérance de vie et une stagnation de l'espérance en bonne santé, c'est-à-dire de la durée de vie en pleine autonomie, sans pathologies chroniques. Une récente étude américaine montre que l'écart entre espérance de vie générale et espérance de vie en bonne santé a augmenté de 9,6 ans dans 183 pays du monde. Selon ces recherches, l'espérance de vie moyenne mondiale (72,5 ans) dépasserait à présent de 9,6 ans l’espérance de vie ajustée sur la bonne santé (63,3 ans) (Voir JAMA Network).

Commentant ces résultats, André Terzic, directeur du Centre de médecine régénérative de la Mayo Clinic de Rochester (Minnesota) souligne que « le bond en avant de la longévité a été réalisé sans une augmentation équivalente de la durée de vie sans maladie et cet écart entre la durée de vie et la durée de la santé est le reflet de l’amélioration de la survie aux maladies aiguës, qui se traduit par un plus grand nombre de personnes atteintes de maladies chroniques ». Cette étude pointe le cas singulier des États-Unis, où, malgré des dépenses de santé annuelles par habitant trois fois plus importantes qu'en France (14 000 euros, contre 4000 en France), l’écart moyen entre l’espérance de vie globale et celle en bonne santé est passé de 10,9 à 12,4 ans au cours de ces 20 dernières années. L'étude précise que l’espérance de vie est passée de 79,2 à 80,7 ans chez les femmes et de 74,1 à 76,3 ans chez les hommes sur cette période. En revanche, l'étude révèle que l’espérance de vie en pleine santé a stagné chez les femmes et a progressé de seulement 0,6 an chez les hommes. Ce décalage frappant pourrait, aux Etats-Unis, être lié, selon ces chercheurs, à la forte progression des troubles mentaux et aux effets catastrophiques de la consommation de Fentanyl (un puissant anti-douleur opioïde) qui a tué plus de 500 000 Américains en vingt ans.

Une autre vaste étude, publiée il y a quelques jours, souligne qu'après une longue période de progression, la hausse de l’espérance de vie a commencé à ralentir en 2011, avec des disparités importantes selon les régions du Monde. L'étude rappelle que les gains d'espérance de vie ont d’abord bénéficié aux plus jeunes, avec, à partir des années 50, les progrès de l’hygiène, des vaccins et des antibiotiques ; à partir des années 1990, c’est l'amélioration des traitements contre les cancers et les maladies cardio-vasculaires qui a provoqué une importante diminution de la mortalité des seniors. Mais à présent, les ravages de la sédentarité croissante, de l'alimentation industrielle, de la consommation de tabac, d'alcool et d'autres drogues et de l'exposition aux différentes formes de pollution, viendraient ralentir sensiblement cette progression historique de l’espérance de vie (Voir The Lancet). Ces chercheurs ont travaillé sur des données de santé et de mortalité venues de plus de 160 pays et territoires. Ils ont comparé l’évolution de l’espérance de vie, des causes de décès, et de l’exposition à divers facteurs de risque des habitants de 20 pays européens, dont la France, sur trois périodes : 1990 à 2011, 2011 à 2019, et 2019 à 2021. Ces travaux montrent que la diminution du rythme de progression de l’espérance de vie a commencé en 2011 et a même diminué de 1,8 année entre 2019 et 2021, à cause de la pandémie mondiale de Covid. Selon ce travail, l’espérance de vie moyenne en Europe a augmenté de 0,23 année, chaque année, entre 1990 et 2011 (0,22 en France), mais seulement de 0,15 année entre 2011 et 2019 (0,17 en France), et elle a diminué de 0,18 année (-0,21 an en France) entre 2019 et 2021, à cause du Covid.

L'étude estime toutefois que ces chiffres pessimistes ne veulent pas forcement dire que la longévité humaine est sur le point d'atteindre ses limites biologiques. Ces recherches montrent par ailleurs que l’espérance de vie pour les personnes les plus âgés continue à s’améliorer dans de nombreux pays. Il est intéressant de souligner que la Norvège, l'Islande, la Suède, le Danemark et la Belgique, ont réussi à freiner cette érosion de l’espérance de vie après 2011, en mettant en place des politiques volontaristes de lutte contre les facteurs de risque cardio-vasculaires et de cancer. À l’inverse, le Royaume-Uni a connu une stagnation de l'espérance de vie, provoquée par des risques plus élevés de maladies cardiaques et de cancer, notamment en raison d’une mauvaise alimentation. Face à ces résultats, le Professeur Steel, qui a dirigé ces travaux, plaide pour la mise en œuvre de politiques de prévention massive et personnalisée, seul moyen, selon lui, pour retrouver une forte progression de l'espérance de vie générale et de l'espérance de vie en bonne santé.

En octobre dernier, une autre étude d'envergure dirigée par le célèbre gériatre Stuart Jay Olshansky (Université de l'Illinois à Chicago) est allée également dans le sens d'un possible plafonnement de la longévité humaine et a prédit que seules 15 % des femmes et 5 % des hommes pourront dépasser l'âge de cent ans. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont analysé une masse considérable de données, portant sur la période 1990-2019, et provenant des neufs pays et régions où l’on vit le plus vieux : France, Italie, Suisse, Suède, Espagne, Japon, Australie, Hong-Kong et États-Unis. Ces travaux montrent que l’espérance de vie générale a augmenté bien moins vite au cours de cette période, 2 mois par an, que pendant le début et milieu du 20e siècle, 3,6 mois par an (Voir Nature aging). Cette étude rappelle à son tour que l’espérance de vie au 20e siècle a principalement augmenté grâce à la diminution drastique de la mortalité infantile qui a été divisée par 30 au cours du XXème siècle dans les pays développés. Pour continuer à augmenter sensiblement l’espérance de vie dans les pays étudiés, l'étude souligne qu'il faudrait parvenir à faire vivre plus longtemps les personnes âgées. Mais, même en supposant que la médecine parvienne à vaincre les maladies cardiovasculaires, le cancer et Alzheimer, le gain net d'espérance de vie ne serait pas considérable et, à moins de réussir à agir directement sur les mécanismes du vieillissement, on buterait sur les limites de longévité inhérentes à l'espèce humaine. L'étude précise en effet que, même en supprimant entièrement toute mortalité avant l’âge de 50 ans, l'espérance de vie moyenne dans les pays développés n'augmenterait que d'à peine deux ans...

S'agissant de la France, il est vrai que, comme dans la plupart des autres pays comparables, l'espérance de vie à la naissance progresse moins vite depuis une quinzaine d'années et n’a gagné que deux mois par an depuis 2010, contre trois en moyenne au cours des cinquante dernières années. Mais la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié, fin 2024, une étude sur l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans, estimant le nombre d’années qu’une personne peut espérer vivre sans être limitée par un problème de santé dans les activités de la vie quotidienne (Voir DREES). Ce travail très solide, battant en brèche une idée reçue tenace, montre que, depuis 2008, l’espérance de vie sans incapacité à 65 ans a bien continué à progresser plus vite que l’espérance de vie générale. L’espérance de vie en bonne santé atteint désormais 77 ans chez les femmes et 75,5 ans chez les hommes. En 2023, les hommes de 65 ans pouvaient espérer vivre 10,5 ans sans incapacité et les femmes 12 ans. L'étude précise que, parmi les années restant à vivre à 65 ans, la part de celles qui seront vécues sans incapacité a augmenté, passant de 44,7 % à 50,8 % pour les femmes, et de 47,7 % à 52,9 % pour les hommes, entre 2008 et 2023. Soulignons que l’Insee, dans son dernier scenario central de prévisions, table sur une hypothèse d'espérance de vie à la naissance qui continuera à progresser, pour atteindre 90 ans pour les femmes et 87 ans pour les hommes en 2070. Et contrairement à ce qu'on entend parfois, la France n'a pas à rougir de sa position au niveau européen : notre pays se classe 5ème sur les 27 pays de l’Union européenne pour l’espérance de vie sans incapacité des femmes à 65 ans et 7ème pour l’espérance de vie sans incapacité des hommes à 65 ans. L'étude conclut que l’espérance de vie en bonne santé des Français a augmenté « d’un an et onze mois pour les femmes et d’un an et dix mois pour les hommes », depuis 2008, devenant ainsi « supérieure à la moyenne européenne : de deux ans et six mois pour les femmes et d’un an et quatre mois pour les hommes ».

Comme le souligne le Professeur Jean-Marie Robine, Directeur de Recherche à l'Inserm, « De 1970 et 2000, les avancées médicales nous ont offert des gains considérables en termes de longévité. Mais en réalité, aucun argument ne permet d'affirmer qu'il existe une limite à l'espérance de vie, mais on ne peut pas non plus conclure qu'il n'y en a pas. Ce n'est en tout cas pas la première fois que nous vivons un tel ralentissement de la longévité : la situation était similaire dans les années 1960, en France, en Europe et aux États-Unis. Nous étions bloqués par les maladies cardio-vasculaires qu'on ne savait ni soigner ni prévenir, et, contre toute attente, la croissance de l'espérance de vie est finalement repartie de plus belle ». Pour cet éminent chercheur, si nous voulons repousser les limites de la longévité humaine, il ne suffit plus de vaincre les maladies les plus mortelles ; il faut également s'attaquer aux fragilités spécifiques des personnes âgées, en renforçant leurs défenses pour faire face aux maladies liées au vieillissement, ce qui signifie agir directement sur les symptômes gériatriques. Parallèlement à cette gérontomédecine qui veut agir sur certaines des causes fondamentales du vieillissement, de récentes avancées montrent qu'il sera bientôt possible de détecter de manière très précoce (souvent plusieurs années avant l'apparition des premiers symptômes), fiable et rapide, par simple analyse de sang, de nombreuses maladies graves (cancers, MCV, Alzheimer), ce qui devrait permettre de traiter et guérir bien plus efficacement ces pathologies potentiellement mortelles, et, par conséquent, d'espérer repousser à nouveau les limites de la longévité humaine.

Et cette révolution de la détection très précoce des maladies est déjà en route. Il y a quelques jours, une équipe britannique de l'UCL, dirigée par le professeur Mika Kivimaki, a présenté un nouveau test sanguin, simple et rapide, qui a été validé sur 6200 personnes et qui permet d’identifier, par analyse sanguine des marqueurs protéomiques, si un organe spécifique vieillit plus rapidement que prévu et ainsi d'évaluer les risques de survenue de nombreuses maladies liées à l'âge. Selon le Professeur Kivimaki, ce test pourrait révolutionner la prise en charge du vieillissement en permettant de proposer à chacun une prévention active et personnalisée des maladies associées au vieillissement (Voir UCL).

Sans nier ce ralentissement général du rythme de progression de l'espérance de vie (avec de nombreuses disparités selon les pays), beaucoup de scientifiques pensent néanmoins que les marges de progression restent considérables dans ce domaine, car toute l'histoire des sciences nous montre que les démographes n'ont pas cessé de se tromper depuis un siècle, en déclarant à chaque époque que les limites de la longévité humaine, qui étaient sans cesse repoussées, étaient sur le point d'être atteintes... Or, si ces récentes études montrent, dans les pays développés, un ralentissement, voire une stagnation de la progression de l'espérance de vie, nous ne savons pas encore si ce phénomène est irréversible ou ponctuel et il est loin d’être certain que nous avons atteint les limites ultimes de la longévité humaine. La vérité, c'est qu'on ne sait toujours pas quelles sont ces limites, car, tout comme l'horizon, elles semblent sans cesse reculer à mesure qu'on croit les atteindre.

Cela est d'autant plus vrai qu'en plus de pouvoir prévenir, traiter et guérir de plus en plus de pathologies mortelles il y a encore quelques années, la science et la médecine commencent également à pouvoir intervenir sur certains des mécanismes métaboliques, génétiques et immunitaires fondamentaux du vieillissement. Reste l'impact croissant et sans doute sous-estimé sur la mortalité et la santé des facteurs liés à nos modes de vie mais aussi des facteurs environnementaux et climatiques, longtemps négligés : pollution de l'air et de l'eau, exposition à de nombreuses substances chimiques, alimentation transformée.

S’agissant des facteurs liés au mode de vie, il est capital de souligner que, contrairement à une idée largement répandue auprès du grand public, il est à présent solidement établi sur le plan scientifique que nos choix de vie jouent un rôle plus important, en matière de santé et de longévité, que notre hérédité et nos gènes. Et pour ceux qui en doutent, il faut lire la vaste et éclairante étude publiée à ce sujet il y a quelques jours par la prestigieuse Université d'Oxford, sous la direction du Docteur Austin Argentieri et de la Professeure van Duijn. Ce travail d'envergure, réalisé à partir de l'analyse des données de près d’un demi-million de participants, a pu pour évaluer l’influence de 164 facteurs environnementaux et scores de risque génétique pour 22 maladies majeures liées au vieillissement. Et le résultat est sans appel : les facteurs environnementaux expliquent 17 % de la variation du risque de décès, contre moins de 2 % expliqués par les prédispositions génétiques. L'étude précise que, parmi les 25 facteurs environnementaux indépendants identifiés, le tabagisme, le statut socio-économique, l’activité physique et les conditions de vie ont eu le plus d’impact sur la mortalité et le vieillissement biologique (Voir University of Oxford). Cette étude très solide confirme qu'un nouveau bond en avant significatif de l'espérance de vie en bonne santé et de la longévité passera obligatoirement, indépendamment des progrès médicaux attendus, par l'adoption de modes de vie plus sains qui devront s'inscrire dans le cadre des politiques publiques de prévention beaucoup plus volontaristes et ambitieuses...

S'agissant des facteurs liés à l'environnement et au climat, il est clair que le monde doit tout mettre en œuvre pour parvenir à réaliser d'ici 2050 la nécessaire transition énergétique vers la décarbonation et la sortie des énergies fossiles. Outre les effets très bénéfiques sur le climat de cette mutation énergétique, cela devrait entraîner, selon l'OMS, une diminution considérable des 9 millions de décès annuels provoqués par les pathologies liées aux émissions de particules et polluants nocifs (oxyde d'azote, COV, monoxyde de carbone ) résultant de l'utilisation des énergies fossiles, notamment dans les transports et l'industrie (Voir The Lancet). On peut alors imaginer que, dans ce nouveau contexte planétaire plus sain, avec un climat stabilisé et une nature mieux préservée, la longévité humaine pourrait faire alors un nouveau et important bond en avant. Reste à savoir, mais c'est une autre question qui ne relève pas de la science, si nous souhaitons vraiment aller vers un monde, non seulement en pleine régression démographique (elle risque de commencer dès 2050), mais dominé par des « têtes blanches », où les plus de 80 ans pourraient être, selon de récentes prévisions de l'ONU, plus d'un milliard en 2100 (contre 145 millions en 2022) et seront devenus presque aussi nombreux que les moins de 20 ans...

René TRÉGOUËT

Sénateur honoraire

Fondateur du Groupe de Prospective du Sénat

e-mail : tregouet@gmail.com


TIC
Information et Communication
La première téléportation quantique entre deux processeurs
Lundi, 24/03/2025 - 19:37

Des chercheurs de l’Université d’Oxford ont démontré pour la première fois la faisabilité du calcul quantique distribué en utilisant une interface de réseau photonique. Ils sont parvenus à connecter deux processeurs quantiques distincts pour les faire fonctionner comme un seul, sans en compromettre les performances. Les ordinateurs quantiques ont le potentiel de transformer de nombreux domaines, de la cryptographie au développement de médicaments, en passant par les modélisations climatiques. Reposant sur la superposition quantique des qubits (l’équivalent des bits en informatique classique), leur puissance de calcul permettrait à terme de réaliser en quelques heures des calculs qui prendraient des centaines d’années aux superordinateurs conventionnels.

Cependant, un ordinateur quantique suffisamment puissant pour de telles applications doit pouvoir traiter des millions de qubits. La technologie est confrontée à un important problème d’évolutivité, car il faudrait un dispositif immense pour pouvoir prendre en charge un tel volume de qubits. D’autre part, quelle que soit la plate-forme utilisée, augmenter le nombre de qubits tout en maintenant un contrôle et une interconnectivité suffisants constitue une difficulté supplémentaire. À ce jour, les plus puissants des processeurs quantiques disponibles ne peuvent traiter qu’un peu plus d’un millier de qubits.

Des architectures de calcul quantique distribué ont été proposées pour surmonter ces défis. Elles permettraient notamment d’effectuer des calculs quantiques de grande envergure en s’appuyant sur un réseau interconnecté de processeurs quantiques. Chaque processeur héberge un petit nombre de qubits et se connecte avec les autres par le biais de canaux d’information classiques et quantiques. Cela permettrait à la fois de traiter de plus grands volumes de qubits tout en préservant leur stabilité.

Les chercheurs de la nouvelle étude ont démontré la faisabilité de la téléportation quantique par le biais d’une infrastructure distribuée. Bien que la téléportation quantique ait déjà été réalisée auparavant, il s’agirait de la première démonstration de téléportation de portes logiques (les "briques" élémentaires composant un algorithme) à travers un réseau distribué. « Les précédentes démonstrations de téléportation quantique se sont concentrées sur le transfert d’états quantiques entre des systèmes physiquement séparés. Dans notre étude, nous utilisons la téléportation quantique pour créer des interactions entre ces systèmes distants », explique dans un communiqué Dougal Main, auteur principal de l’étude, détaillée dans la revue Nature. Cette démonstration pourrait établir les bases de l’internet quantique, où les processeurs distants pourraient former un réseau ultrasécurisé et performant.

University of Oxford : https://www.ox.ac.uk/news/2025-02-06-first-distributed-quantum-algorithm-brings-...

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Matière
Matière et Energie
Un réacteur convertit directement le CO2 en carburant en utilisant uniquement l’énergie solaire
Mercredi, 26/03/2025 - 19:41

Une équipe de scientifiques de l'université de Cambridge, dirigée par le professeur Erwin Reisner, a créé un réacteur à flux alimenté par l'énergie solaire qui peut capturer le CO2 de l'air pendant la nuit et le convertir en carburants tels que le diesel, le méthanol ou l'ammoniac pendant la journée avec l'aide du soleil. S'il était développé, il permettrait théoriquement aux gens de produire leur carburant neutre en carbone n'importe où dans des endroits reculés et rendrait le carburant synthétique abordable. Selon M. Reisner, « nous pouvons construire une économie circulaire et durable, à condition d'en avoir la volonté politique ».

Le réacteur à flux solaire utilise des filtres la nuit pour absorber le CO2 de l'air. C'est un peu comparable à ce que font les arbres dans la nature. Au fur et à mesure de leur croissance, les arbres absorbent le carbone de l'air et le stockent dans le bois, la matière végétale et le sol, ce qui en fait ce que les scientifiques appellent des “puits de carbone”. Les plantes utilisent l'eau, la lumière du soleil et le dioxyde de carbone pour créer de la nourriture et de l'oxygène au cours de la photosynthèse.

Mais dans le réacteur de Cambridge, lorsque le soleil réchauffe le gaz capturé, il absorbe les rayons infrarouges et ultraviolets, entraînant une réaction chimique qui crée le gaz de synthèse solaire. Le gaz de synthèse est un mélange d'hydrogène et de monoxyde de carbone, qui peut être utilisé comme alternative aux combustibles fossiles pour générer de l'électricité ou produire du méthanol et du diesel synthétique. L'un des membres de l'équipe, le Dr Sayan Kar, pense que si les dispositifs peuvent être fabriqués à plus grande échelle, ils pourraient résoudre le problème de l'élimination du dioxyde de carbone de l'atmosphère tout en créant une alternative propre aux combustibles fossiles.

Comme le CO2 libéré par la combustion de ces combustibles a été initialement capturé dans l'air, il ne s'ajoute pas à la quantité totale de CO2 dans l'atmosphère, et le bilan est presque nul. « Le CO2 est considéré comme un déchet nocif, mais c'est aussi une opportunité », ajoute M. Kar. Le professeur Erwin Reisner est né et a grandi dans les contreforts des Alpes en Autriche. Il a étudié la chimie à l'université de Vienne, au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et à l'université d'Oxford. Depuis 2017, il est professeur d'énergie et de durabilité au département de chimie Yusuf Hamied de l'université de Cambridge.

M. Reisner et son équipe travaillent depuis de nombreuses années sur des réacteurs à flux alimentés par l'énergie solaire. En janvier de l'année dernière, ils ont présenté un réacteur qui convertit deux déchets distincts, les gaz à effet de serre et les plastiques, en produits de valeur. Le premier compartiment du réacteur convertit le dioxyde de carbone en différents combustibles, en fonction du catalyseur utilisé. Le dioxyde de carbone peut ensuite être converti en gaz de synthèse pour fabriquer des carburants synthétiques. Le deuxième compartiment convertit le plastique en acide glycolique, qui est populaire dans les produits de soins de la peau et les cosmétiques pour aider à maintenir une peau lisse et à prévenir le vieillissement. L'équipe a conçu différents catalyseurs intégrés dans le réacteur à flux absorbant la lumière. En changeant de catalyseur, les chercheurs peuvent modifier le produit final. Les tests du réacteur ont montré qu'il pouvait convertir efficacement les bouteilles en plastique PET et le CO2 en différents combustibles à base de carbone tels que le CO, le gaz de synthèse ou le formiate, et l'acide glycolique.

University of Cambridge : https://www.cam.ac.uk/research/news/solar-powered-device-captures-carbon-dioxide...

Une nouvelle technique pour recycler des cellules solaires sans solvants toxiques
Mercredi, 26/03/2025 - 19:39

Face à l’essor exponentiel des besoins énergétiques mondiaux, les solutions de production d’énergie propre s’imposent comme une nécessité incontournable. Cependant, la question du traitement des déchets issus des technologies vertes demeure un angle mort qui pourrait compromettre leurs bénéfices environnementaux. Dans ce contexte, une équipe scientifique suédoise a proposé une solution innovante pour aborder le recyclage des cellules solaires, une problématique souvent négligée mais dont l’importance ne cesse de croître.

Des chercheurs de l’Université de Linköping ont mis au point une technique permettant de recycler toutes les composantes d’une cellule solaire sans avoir recours à des solvants toxiques. Leur méthode repose sur l’utilisation d’eau comme principal solvant, remplaçant ainsi des substances comme le diméthylformamide, reconnu pour ses effets nocifs sur l’environnement et la santé humaine. Leur approche garantit non seulement un processus écologique, mais aussi la préservation de l’efficacité énergétique des nouvelles cellules fabriquées à partir des matériaux recyclés.

Les résultats obtenus démontrent que les performances des cellules solaires reconstruites restent identiques à celles des dispositifs d’origine. Xun Xiao, postdoctorant au Département de physique, chimie et biologie (IFM) de l’université, souligne l’étendue des possibilités offertes par cette avancée technologique : « On peut recycler tout – verres de protection, électrodes, couches de pérovskite ainsi que la couche de transport de charge ».

Nature : https://www.nature.com/articles/s41586-024-08408-7

Un nouveau procédé de recyclage pour les déchets textiles en polycoton
Mardi, 25/03/2025 - 19:24

Comme son nom l’indique, le polycoton est un tissu fabriqué à partir d’un mélange de deux matières : des fibres naturelles de coton bien sûr, et des fibres synthétiques de polyester. Cette association confère au tissu de nombreux avantages : respirabilité et douceur, mais aussi résistance et légèreté. De fait, le polycoton est aujourd’hui très largement utilisé pour la confection de vêtements et de linge de lit. Il présente cependant un inconvénient majeur : sa composition bi-matière fait qu’il est très difficile à recycler. Or, la "fast fashion" tout comme la baisse générale de la durée de vie des produits textiles ont fait augmenter dramatiquement les volumes de déchets ces dernières années. En 2021, la production globale de fibres textiles avait ainsi atteint un record de 113 millions de tonnes. Elle pourrait même atteindre 149 millions de tonnes en 2030. Avec un taux de recyclage de seulement 1 %, cette production de masse devient un véritable problème environnemental. L’industrie textile se positionne ainsi comme le troisième secteur industriel le plus polluant, derrière l’industrie pétro-gazière et l’agriculture.

Actuellement, la complexité du polycoton fait qu’il est le plus souvent incinéré ou enterré en décharges, au mieux réutilisé dans des matériaux de faible valeur (rembourrage de canapé, isolation pour véhicules, tapis…). La transition vers une économie circulaire et bas carbone nécessite cependant un recyclage avec une séparation complète des différents composants afin de pouvoir valoriser chaque matériau. Mais jusqu’à présent, aucun procédé ne présentait un intérêt industriel suffisant pour être développé plus avant.

Une équipe de chercheurs de l’Université d’Amsterdam, en coopération avec la compagnie Avantium, présente cependant une nouvelle méthode qui pourrait résoudre le problème du recyclage des déchets de polycoton. La séparation du coton des fibres de polyester est ici réalisée en utilisant un acide chlorhydrique superconcentré. La réaction, qui se fait à température ambiante, transforme la cellulose du coton en glucose. Un composé facilement valorisable, car il peut être utilisé comme matière première pour la production de matériaux biosourcés (polymères, résines, solvants…). Une fois le coton retiré du textile, il ne reste plus dans celui-ci que le maillage en polyester intact, qui peut quant à lui être facilement recyclé suivant des procédés déjà existants.

« Être capable de récupérer du glucose à partir du coton contenu dans les déchets textiles est une contribution importante » pour le passage à une économie renouvelable et biosourcée, affirme Gert-Jan Gruter, professeur à l’Université d’Amsterdam dans le groupe Industrial Sustainable Chemistry. « Actuellement, le glucose est produit à partir d’amidon de maïs et de blé ». Or, produire des plastiques à partir de ressources alimentaires est problématique. Le glucose issu du recyclage du polycoton présente donc un intérêt majeur dans ce contexte. D’autant plus que la ressource ne manque pas.

Les détails du procédé sont décrits dans un article publié par Nature communications. Le rendement en glucose apparaît assez élevé, ce qui en fait un procédé rentable pour l’industrie. Avantium, compagnie spécialisée dans la conversion de matières premières végétales non alimentaires (le bois par exemple) en glucose et lignine, indique d’ailleurs que le glucose issu du recyclage du polycoton pourrait par exemple être utilisé pour produire du FDCA (2,5-furandicarboxylic acid), un composant crucial pour la production de PEF, un polyester biosourcé, qui représente une alternative au PET actuellement utilisé pour la fabrication des bouteilles plastiques. Ces résultats encourageants pourraient déboucher sur la commercialisation de grandes quantités de glucose d’origine non alimentaire.

Techniques de l’Ingénieur du 13.02.2025 : https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/nouveau-procede-de-recycl...

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Vivant
Santé, Médecine et Sciences du Vivant
Une enzyme pour désarmer les tumeurs
Mercredi, 26/03/2025 - 19:38

Bloquer la lymphangiogenèse pour limiter les risques de métastases ? L’idée semblait prometteuse mais s’est révélée décevante. « S’il est vrai que les vaisseaux lymphatiques favorisent les métastases, ils sont aussi essentiels au transport des cellules immunitaires et à l’activation de la réponse immunitaire antitumorale », explique Stéphanie Hugues, professeure ordinaire au Département de pathologie et immunologie et au Centre de recherche sur l’inflammation de la Faculté de médecine de l’UNIGE, qui a dirigé ces travaux. « Leur rôle est donc plus complexe qu’imaginé, c’est pourquoi nous voulions comprendre comment les cellules qui les composent répondent au micro-environnement tumoral pour influencer la réponse immunitaire ». Cette découverte pourrait constituer un biomarqueur de prédiction du succès d’une immunothérapie.

Une enzyme qui bloque les défenses de la tumeur : L’équipe de recherche a mesuré l’expression des gènes de cellules endothéliales lymphatiques, les cellules qui composent la paroi des vaisseaux lymphatiques, dans un mélanome et dans une peau saine de souris. Elle a détecté dans les cellules endothéliales lymphatiques associées aux tumeurs une surexpression d’une enzyme nommée CH25H, puis a confirmé ce résultat chez l’être humain : plus les mélanomes contenaient de vaisseaux lymphatiques, plus cette enzyme était surexprimée. « De plus, les malades présentant un fort taux de cette enzyme avaient un meilleur pronostic, un effet encore amplifié chez les personnes soignées avec un type particulier d’immunothérapie, les inhibiteurs de points de contrôle », détaille la chercheuse.

Cette enzyme a pour fonction de transformer le cholestérol en 25-hydroxycholestérol, un métabolite du cholestérol important dans l’immunité antivirale. Dans le mélanome, il semblerait que cette enzyme ait également un impact sur le système immunitaire, vraisemblablement en enrayant les mécanismes de défense de la tumeur. En effet, le micro-environnement tumoral produit naturellement des facteurs qui inhibent l’activation des cellules immunitaires. Or, le 25-hydroxy-cholestérol empêche cette inhibition, et permet donc une meilleure activation de l’immunité antitumorale.

L’équipe de Stéphanie Hugues a ensuite supprimé cette enzyme dans des cellules endothéliales lymphatiques de souris. Son absence a entraîné une chute brutale des taux de 25-hydroxycholestérol dans les tumeurs de mélanome, puis une suppression de l’activité immunitaire menant à une lutte beaucoup moins efficace contre la tumeur. En revanche, les souris vaccinées avec des antigènes tumoraux ont vu une augmentation nette de l’expression de l’enzyme CH25H, puis de la production de 25-hydroxydecholestérol, permettant alors une meilleure activation des cellules immunitaires. Cela correspond aux observations cliniques : chez les malades sous immunothérapie, le taux d’expression de cette enzyme donne une indication de la réponse au traitement. « Notre découverte pourrait ainsi constituer un biomarqueur de prédiction du succès d’une immunothérapie, permettant d’ajuster les traitements en fonction des spécificités de chaque malade », ajoute la chercheuse.

UNIGE : https://www.unige.ch/medias/2025/une-enzyme-pour-desarmer-les-tumeurs

Le prozac, nouveau traitement contre la septicémie ?
Mercredi, 26/03/2025 - 19:36

Les antidépresseurs comme le Prozac sont couramment prescrits pour traiter les troubles de la santé mentale, mais de nouvelles recherches suggèrent qu'ils pourraient également protéger contre les infections graves et la septicémie potentiellement mortelle. Les scientifiques de l'Institut Salk ont maintenant révélé comment les médicaments sont capables de réguler le système immunitaire et de se défendre contre les infectieuses infectieuses, qui pourraient conduire à une nouvelle génération de traitements vitaux et améliorer la préparation mondiale pour les futures pandémies.

L'étude SALK suit les résultats récents selon lesquels les utilisateurs d'inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS) comme ProZAC avaient des infections à Covid-19 moins sévères et étaient moins susceptibles d’en développer une très longue. Une autre étude a révélé que le prozac, connu sous le nom de fluoxétine, était efficace pour protéger les souris contre la septicémie, une condition mortelle dans laquelle le système immunitaire du corps réagit de manière excessive à une infection et peut provoquer une défaillance multi-organes ou même la mort. En identifiant un mécanisme pour expliquer les effets surprenants de la fluoxétine de la défense, les chercheurs Salk ont rapproché la fluoxétine et potentiellement d'autres ISRS plus près des tests cliniques à utiliser contre les infections et les troubles immunitaires.

Lors du traitement d'une infection, la stratégie de traitement optimale serait celle qui tue les bactéries ou le virus tout en protégeant nos tissus et nos organes. La plupart des médicaments que nous avons dans notre boîte à outils tuent des agents pathogènes, mais nous avons été ravis de constater que la fluoxétine peut également protéger les tissus et les organes. Il joue essentiellement l'offense et La défense, ce qui est idéal, et particulièrement excitant à voir dans un médicament que nous savons déjà être sûr à utiliser chez l'homme. 

Bien que nos systèmes immunitaires fassent de leur mieux pour nous protéger contre les infections, ils peuvent parfois réagir de manière excessive. Dans la septicémie, la réponse inflammatoire tourne si hors de contrôle qu'elle commence à endommager les propres tissus et organes d'une personne au point de défaillance. Cette même réaction excessive est également caractéristique d'une maladie Covid-19 grave. Pour comprendre comment les ISRS peuvent agir dans un tel contexte, les chercheurs ont étudié les souris avec des infections bactériennes et les ont séparées en deux catégories : l'une prétraitée avec de la fluoxétine et l'autre non. De manière passionnante, ils ont vu que les souris prétraitées à la fluoxétine étaient protégées contre la septicémie, les dommages multi-organes et la mort. L'équipe a ensuite lancé une série d'expériences de suivi pour donner un sens à ces effets. Premièrement, ils ont mesuré le nombre de bactéries dans chaque population de souris huit heures après l'infection. Les souris traitées par la fluoxétine abritaient moins de bactéries à ce stade, ce qui signifie une infection moins sévère. Les résultats ont démontré que la fluoxétine avait des propriétés antimicrobiennes, ce qui lui a permis de limiter la croissance bactérienne.

Ensuite, les chercheurs ont mesuré les niveaux de différentes molécules inflammatoires dans chaque groupe. Ils ont vu plus d'IL-10 anti-inflammatoires dans leurs populations prétraitées et ont déduit que l'IL-10 a empêché l'hypertriglycéridémie induite par la septicémie dans laquelle le sang contient trop de triglycérides gras. Cela a permis au cœur de maintenir l'état métabolique approprié, protégeant les souris de la morbidité et de la mortalité induites par l'infection.

SALK : https://www.salk.edu/news-release/new-study-explains-how-antidepressants-can-pro...

Une BCG thérapie répétée contre le cancer de la vessie
Mardi, 25/03/2025 - 19:26

Une équipe de l’Institute for Health Science Research Germans Trias i Pujol (IGTP, Barcelone) a montré qu'une deuxième dose de vaccin contre la tuberculose renforce l'immunité chez les patients atteints d'un cancer de la vessie et réduit les récidives. Le cancer de la vessie, le 9e cancer en termes d’incidence, avec plus de 600.000 personnes diagnostiquées chaque année dans le monde, reste un cancer difficile à traiter. Le cancer de la vessie non invasif sur le plan musculaire est un cancer à un stade précoce qui affecte la paroi de la vessie mais n'a pas encore progressé vers la couche musculaire profonde. Après une intervention chirurgicale pour retirer la tumeur, les patients atteints d'un cancer de la vessie reçoivent généralement une injection du vaccin BCG (bacille de Calmette-Guérin) directement dans la vessie afin d'aider leur système immunitaire à détruire les cellules cancéreuses restantes. Jusqu'à 50 % des patients présentent tout de même une récidive ou une progression de la maladie.

Le principe de l’étude ? Tester si 2 doses du vaccin après l’intervention chirurgicale vont aider un peu plus le système immunitaire à lutter contre les cellules cancéreuses. La recherche montre en effet, mais sur un échantillon modeste de patients, une amélioration significative du pronostic. L’étude, un essai contrôlé randomisé mené auprès de 40 patients, a regardé comment l'administration de 2 doses du vaccin en complément du traitement standard modifie la réponse immunitaire à la tumeur et peut ainsi réduire le risque de récidives. Ce petit essai pilote apporte les premières preuves d’efficacité et d’innocuité de cette double vaccination : les participants vaccinés qui n'ont présenté aucun effet secondaire notable étaient tous guéris à 5 ans.

L’auteur principal, le Docteur Cecilia Cabrera, de l'IGTP, confirme que ce vaccin antituberculeux (RUTI®), permet de renforcer la réponse immunitaire des patients. La vaccination s’avère associée à une survie sans progression significativement plus élevée : tous les patients du groupe « RUTI » étaient indemnes de tumeur 5 ans plus tard vs 13 des 18 patients du groupe témoin ; la vaccination permet aussi une forte réduction de la récidive ; cet essai aboutit ainsi, avec seulement 2 injections en plus du traitement standard, à des résultats prometteurs, qui devront néanmoins être confirmés sur de plus larges échantillons.

EurekAlert : https://www.eurekalert.org/news-releases/1077463

Les PFAS peuvent altérer la santé du placenta pendant la grossesse
Mardi, 25/03/2025 - 19:23

Plusieurs travaux suggèrent que l’exposition à ces substances, devenues incontournables dans notre quotidien en raison de leurs propriétés antiadhésives et imperméables ainsi que de leur résistance aux fortes chaleurs, augmente le risque de donner naissance à des bébés de petit poids ou de souffrir de troubles hypertensifs pendant la grossesse.

Une nouvelle étude coordonnée par l’Inserm et le CHU, publiée le 30 janvier 2025 dans la revue Environment International, ouvre la voie à une meilleure compréhension des mécanismes expliquant certains de ces effets. Ils pourraient provenir en partie d’une altération du placenta. « Le placenta est un organe essentiel pendant la grossesse qui fait le lien entre la mère et le fœtus et permet, entre autres, les échanges de gaz et de nutriments », explique Claire Philippat, co-dernière autrice de l’étude et chercheuse à l’Inserm.

Ces résultats ont été obtenus par un consortium de chercheurs de l’Inserm, du CNRS, du CEA, de l’UGA et du CHU de Grenoble. Ils se fondent sur une cohorte de 367 mères (et de leurs enfants) recrutées entre 2014 et 2017 dans la région grenobloise. L’équipe s’est intéressée aux conséquences de l’exposition à treize per- et polyfluoroalkylées sur la santé du placenta. Les chercheurs ont constaté que trois d’entre eux semblent affecter l’intégrité des villosités placentaires, structures qui assurent les échanges entre le sang maternel et le réseau vasculaire fœtal.

Concrètement, ces altérations suggèrent une moins bonne perfusion de l’organe et une diminution des échanges entre la mère et le fœtus, ce qui peut entraîner une baisse des apports en oxygène et en nutriments. « Selon de précédentes études, les dérégulations dans les échanges fœto-maternels seraient associés aux retards de croissance intra-utérins et au développement de la prééclampsie », explique Nadia Alfaidy, directrice de recherche à l’Inserm et co-dernière autrice de cette étude. La prééclampsie se caractérise par une hypertension artérielle et une présence importante de protéines dans les urines. Le poids du placenta semble aussi réduit chez les femmes présentant les concentrations les plus élevées de sept PFAS. Or, plusieurs études suggèrent qu’une diminution du poids de cet organe peut indiquer que ses fonctions sont compromises, affectant le développement du fœtus.

Alors que de précédents travaux de recherche ont déjà tenté de déterminer comment les PFAS affectent le poids et la vascularisation du placenta, « notre étude est la première à disposer de marqueurs histologiques spécifiques, qui rendent compte de la structure du placenta. Ces marqueurs permettent d’apporter des éléments sur les mécanismes par lesquels les PFAS pourraient affecter la santé placentaire », commente Claire Philippat. À l’avenir, l’équipe scientifique souhaite reproduire cette étude à plus grande échelle pour confirmer ces résultats : « Nous espérons qu’une étude nationale verra le jour sous peu afin de mieux comprendre les conséquences de l’exposition aux PFAS sur la santé de la mère et de l’enfant », conclut la chercheuse.

Inserm presse du 13-02-2025 : https://presse.inserm.fr/les-pfas-peuvent-alterer-la-sante-du-placenta-pendant-l...

Des anticorps synthétiques plus faciles à produire
Mardi, 25/03/2025 - 19:21

Les anticorps monoclonaux sont essentiels à la recherche biomédicale et aux traitements contre le cancer en raison de leur action ciblée. Ces molécules fabriquées en laboratoire agissent comme les anticorps naturels de notre système immunitaire, chacune étant conçue pour se lier à une protéine spécifique. Cette précision leur permet d’atteindre efficacement certaines cellules, comme les cellules tumorales ou les virus. Cependant, malgré leur efficacité, les anticorps monoclonaux sont complexes à concevoir, ce qui limite leur application. Un groupe de la Section de chimie et biochimie de l’UNIGE, dirigé par Nicolas Winssinger, professeur ordinaire au Département de chimie organique de la Faculté des sciences de l’UNIGE, ouvre un nouveau paradigme pour la conception de médicaments ciblant les protéines, capables de remplacer les anticorps monoclonaux : les protéomimétiques auto-assemblés (SAP) ou, en anglais, Self-Assembled Proteomimetics (SAPs).

Les SAP sont de minuscules molécules conçues sur mesure pour cibler et neutraliser, à l’instar des anticorps, les protéines nocives dans l’organisme. La différence ? « Les SAP sont plus faciles et moins coûteux à produire. Ils sont conçus comme un système en deux parties. Comme des pièces de puzzle, ces composants s’emboîtent pour former une structure stable capable de se lier étroitement aux protéines pathogènes. Cette conception innovante imite la fonction précise et puissante des anticorps, tout en éliminant de nombreux défis liés à leur production », explique Nicolas Winssinger.

Plus précisément, les SAP sont constitués de deux "morceaux", d’environ 30 acides aminés chacun, étroitement liés par des brins d’acide nucléique peptidique (PNA), un polymère synthétique dont la structure est similaire à celle de l’ADN et de l’ARN. Ces miniprotéines peuvent être facilement produites en laboratoire. L’efficacité de cette nouvelle approche est démontrée sur des cibles thérapeutiques importantes, à savoir HER2, un biomarqueur bien connu du cancer, ou encore en ciblant le récepteur de la protéine Spike du SARS-CoV-2.

En outre, les chercheurs et chercheuses ont démontré que la PNA peut être contrôlée dynamiquement pour ajuster le degré de liaison des SAP à leurs cibles. Cette capacité pourrait s’avérer très utile dans les applications thérapeutiques, en permettant un contrôle précis de l’activité thérapeutique. En rendant ces molécules synthétiques accessibles et efficaces, les SAP ont le potentiel de transformer la manière dont nous traitons les maladies complexes, et de rendre ce type de thérapies plus accessible.

UNIGE : https://www.unige.ch/medias/2025/winssinger-anticorps-cancer

Des chercheurs sud-Coréens réussissent à remettre les cellules cancéreuses dans le droit chemin...
Mardi, 25/03/2025 - 19:20

Une avancée majeure dans le traitement du cancer a été réalisée par une équipe de chercheurs dirigée par le professeur Kwang-Hyun Cho du Korea Advanced Institute of Science and Technology (KAIST). Leur technologie innovante permet de traiter les cellules cancéreuses sans les détruire, offrant ainsi une solution prometteuse avec moins d'effets secondaires que les traitements traditionnels. Le cancer est une maladie caractérisée par une multiplication incontrôlée de certaines cellules du corps qui forment des masses appelées tumeurs. Aujourd'hui, les traitements traditionnels contre le cancer, comme la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie, cherchent tous à détruire totalement ces cellules cancéreuses. Mais ce faisant, ils peuvent également endommager des cellules saines, ce qui entraîne des effets secondaires comme de la fatigue, la perte de cheveux, ou encore des réactions cutanées.

L'équipe du KAIST a adopté une approche radicalement différente en se concentrant sur la manière dont les cellules cancéreuses se comportent. En analysant le moment critique juste avant que les cellules normales ne deviennent cancéreuses, ils ont découvert qu'il existe un court intervalle où elles sont vulnérables à une intervention extérieure. Pendant cette période de transition critique, elles peuvent être « inversées ». Les chercheurs ont alors identifié des "facteurs de contrôle" clés, trois gènes qui contrôlent la différenciation des cellules. Ils ont établi qu'en les manipulant, on peut réussir à ramener des cellules cancéreuses à leur état normal. Et cette réussite n'est pas seulement théorique : l'équipe a appliqué avec succès cette théorie à des cellules humaines et animales, prouvant que les cellules cancéreuses peuvent retrouver un comportement normal.

Les facteurs de contrôle clés ont été appliqués à de véritables cellules de cancer du côlon et à des modèles animaux de cancer du côlon afin de vérifier expérimentalement l'effet de la réversibilité du cancer. Les facteurs de contrôle clés ont réduit de manière significative la prolifération de trois lignées cellulaires de cancer du côlon, ce qui a été confirmé de la même manière dans les modèles animaux.

Contrairement aux traitements traditionnels qui détruisent les cellules malades, mais aussi les cellules saines, cette nouvelle technique permet de reprogrammer les cellules cancéreuses pour qu'elles reprennent un comportement normal tout en conservant leur intégrité. Cela pourrait réduire considérablement les effets secondaires généralement associés aux traitements du cancer. Le professeur Cho a exprimé son enthousiasme : « Le fait que des cellules cancéreuses puissent être reconverties en cellules normales est un phénomène étonnant. Notre étude prouve qu'il est possible d'induire cette réversion de manière méthodique ».

Advanced Science : https://advanced.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/advs.202412503

Le curcuma pourrait réduire les risques de DMLA
Lundi, 24/03/2025 - 19:41

La DMLA reste un défi thérapeutique, notamment dans sa forme sèche. Une étude observationnelle suggère que le curcuma pourrait diminuer le risque de développer une DMLA, ralentir sa progression et réduire le besoin en anti-VEGF. Des résultats prometteurs, mais à confirmer par des essais rigoureux. La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) est une cause majeure de cécité chez le sujet âgé. Sa prévention primaire est une grande priorité en santé publique, mais les moyens actuels sont plus que limités. La progression de la forme exsudative de la maladie peut être ralentie par les injections intravitréennes d’anti-VEGF, une stratégie qui s’utilise tardivement quand les déficits visuels sont patents. En revanche, ce traitement est inefficace dans l’atrophie maculaire géographique, dont la prévalence au sein de la population générale atteindrait 2,5 %. Les inhibiteurs du complément suscitent les plus grands espoirs face à cette forme sèche ou avancée de la DMLA qui progresse avec le vieillissement de la population.

Sur un autre registre, les suppléments nutritionnels, dotés de vertus antioxydantes utilisés dans l’étude emblématique AREDS (Age-Related Eye Disease Study), qui commence à dater, avaient conduit à des résultats encourageants dans le traitement des formes avancées de la DMLA. Le curcuma, pour sa part, est doué de propriétés antioxydantes et anti-inflammatoire qui répondent en partie et en théorie à la pathogénie des formes sèches ou humides de la maladie, y compris l’atrophie géographique. Ce principe biologique actif est isolé à partir du rhizome d’une plante dénommée Curcuma longa qui fait les délices des consommateurs de plats épicés à base de curry. Le curcuma est d’ailleurs largement utilisé en Asie du Sud-Est en tant que remède face à diverses maladies chronique et au vieillissement. L’empirisme dicte ces stratégies, mais les plantes ont de longue date été mises à contribution pour fournir à la médecine des principes actifs qui ont fait leur preuve, qu’il s’agisse de l’aspirine ou de la digitaline, à titre d’exemples fameux. 

Les vertus de ce principe actif sont à l’origine d’une étude de cohorte rétrospective étatsunienne basée sur les dossiers médicaux électroniques de 66 804 sujets (âge moyen 64 ans) exposés à des suppléments nutritionnels riches en curcuma, et de 1 809 440 témoins non exposés (âge moyen 67 ans). De ces deux cohortes, ont été extraits des patients exposés ou non au curcuma afin de constituer deux groupes appariés selon la méthode du score de propension, comptant chacun 66 799 participants. La comparaison de ces deux groupes plaide en faveur d’une certaine efficacité du curcuma dans deux situations bien différentes.

Si l’on en croit les résultats de cette étude d’une grande puissance statistique, les suppléments nutritionnels à base de curcuma semblent réduire significativement le risque de développer une DMLA ou encore freiner sa progression quand la maladie est installée. Cela vaut tout particulièrement pour les formes exsudatives (ou non) et l’atrophie maculaire géographique qui est actuellement la moins dotée sur le plan thérapeutique, alors que son incidence ne cesse de croître avec le vieillissement de la population.

JAMA : https://jamanetwork.com/journals/jamaophthalmology/article-abstract/2824936

Le tabagisme passif durant l’enfance laisse des traces sur l’ADN
Lundi, 24/03/2025 - 19:39

Une étude menée par l'Institut de santé globale de Barcelone (ISGlobal) en Espagne, révèle que le tabagisme passif modifie l'épigénome des enfants, influençant essentiellement leur risque de développer certaines maladies à l'âge adulte. L'épigénétique est l'ensemble des modifications qui influencent l'expression des gènes sans altérer leur séquence. Parmi ces changements, la méthylation de l'ADN agit comme une sorte de "marque" qui peut activer ou inhiber certains gènes. L'étude a montré que les enfants exposés à la fumée de cigarette des autres présentent des altérations de la méthylation de l'ADN dans 11 régions génomiques, dont certaines sont associées à des maladies comme l'asthme et le cancer.

L'analyse a été réalisée sur des échantillons sanguins de 2.695 enfants âgés de 7 à 10 ans, issus de huit pays européens. Les chercheurs ont comparé le degré de méthylation en fonction du nombre de fumeurs présents dans le foyer (0, 1 ou 2 et plus). Les résultats indiquent que les effets épigénétiques du tabagisme passif sont similaires à ceux observés chez les fumeurs actifs ou chez les enfants exposés in utero à la cigarette. Malgré les réglementations de plus en plus strictes sur le tabac dans les lieux publics, le domicile reste une source majeure d'exposition pour les enfants. En 2004, 40 % des enfants dans le monde étaient ainsi exposés au tabagisme passif, avec des conséquences sur le système respiratoire, cardiovasculaire, neurologique et immunitaire. Les chercheurs insistent sur la nécessité de mesures plus strictes pour protéger les enfants, au-delà d'un simple appel à la responsabilité individuelle. 

Face à ces résultats, il apparaît plus que jamais urgent, selon les scientifiques, de mettre en place des mesures pour limiter l'exposition des enfants à la fumée secondaire. Les campagnes de sensibilisation, d'interdiction du tabac dans les espaces clos partagés et d'accompagnement des familles en difficulté peuvent notamment constituer des pistes d'action efficaces. En réduisant en particulier l'exposition dès le plus jeune âge, on pourrait ainsi préserver le patrimoine génétique des enfants et prévenir de nombreuses maladies à l'âge adulte.

Medical XPress : https://medicalxpress.com/news/2025-02-exposure-childhood-children-dna.html

Un nouveau modèle de tumeurs cérébrales offre de l'espoir pour les traitements sur le cancer personnalisés
Lundi, 24/03/2025 - 19:36

Des scientifiques du Centre de recherche sur le cancer allemand (DKFZ) et de l'Université de Shanghai ont développé une méthode innovante pour la croissance des tumeurs cérébrales de patients individuels en laboratoire qui imitent la structure d'origine et la propriété moléculaire de la tumeur parentale aussi étroitement que possible. Les tests de dépistage de médicaments dans ce modèle se sont très bien corrélés avec les réponses réelles des patients, ce qui en fait une méthode précieuse pour étudier les thérapies.

Les organoïdes tumoraux, à savoir les mini-tumors cultivés à partir de matériel chirurgical dans la boîte de culture, sont désormais largement utilisés dans la recherche sur le cancer. De nombreux groupes de recherche ont déjà développé des approches pour cultiver des tumeurs cérébrales en laboratoire, en particulier pour les glioblastomes très agressifs. Cependant, la complexité des tumeurs est un défi majeur pour cette recherche. Dans de nombreuses méthodes existantes, les mini-tumors perdent rapidement des propriétés importantes ou les interactions entre les cellules tumorales et leur environnement ne peuvent pas être représentées adéquatement.

Le nouveau modèle de Haikun Liu, DKFZ repose sur des organoïdes cérébraux – un type de "mini-cerveau" généré à partir de cellules souches pluripotentes humaines induites. Dans ces organoïdes, qui présentent des propriétés en forme de cerveau, les chercheurs poussent des échantillons de tumeurs fraîchement prélevés. Cela crée un modèle de la tumeur qui imite avec précision la diversité des types de cellules, l'environnement tumoral complexe et les caractéristiques moléculaires de la tumeur d'origine. Les chercheurs ont nommé la nouvelle méthode IPTO (organoïde tumoral individualisé de patient). Cette méthode a été testée dans des échantillons de patients dans des hôpitaux de Heidelberg, Mannheim et validés dans un grand nombre de patients.

L'intérêt de cette méthode, c'est qu'elle peut être appliquée à un large éventail de tumeurs du système nerveux central, des tumeurs cérébrales agressives telles que les glioblastomes aux métastases cérébrales, qui se produisent chez environ 20 % de tous les patients cancéreux. Dans la présente étude, l'équipe a cultivé des IPTO de jusqu'à 48 entités tumorales, notamment des tumeurs cérébrales pédiatriques, différentes formes de glioblastome et des métastases cérébrales du cancer du sein, du poumon ou du côlon. « Nous émettons l'hypothèse que la communication entre les neurones et les cellules cancéreuses du modèle IPTO favorise la croissance des tumeurs du système nerveux central, reflétant les développements récents dans les neurosciences du cancer », explique Liu.

Les chercheurs ont constaté que le modèle IPTO était particulièrement utile pour tester l'efficacité de la chimiothérapie ou d'autres médicaments anticancéreux sur des tumeurs individuelles. Dans une étude prospective de 35 patients atteints de glioblastome, les IPTO ont pu prédire avec précision la réponse à l'important médicament témozolomide. Cela marque le premier modèle préclinique de tumeurs cérébrales qui prédit la réponse du patient dans le cadre de la clinique prospective. Dans les expériences avec des IPTOS cultivés à partir de métastases cérébrales, les mini-tumors dans la boîte de culture reflètent également avec précision les résultats du traitement avec des médicaments ciblés – une étape décisive vers la médecine personnalisée. Étant donné que la quantité de cellules immunitaires correspond également aux IPTOS et à leurs tumeurs parents, les mini-tumors sont déjà testés pour leur pertinence pour prédire l'efficacité des immunothérapies.

EurekAlert : https://www.eurekalert.org/news-releases/1073284

Les oméga-3 ralentissent le vieillissement
Lundi, 24/03/2025 - 19:31

Des chercheurs de l'université de Zurich ont montré qu'une consommation régulière d'oméga-3 pouvait contribuer à ralentir le vieillissement. Cette étude a  examiné 777 Suisses de plus de 70 ans ayant participé à l’étude européenne sur les seniors baptisée DO-HEALTH. « Huit combinaisons de traitement différentes ont été testées au cours de l'étude de trois ans : les sujets prenaient 2.000 unités internationales (UI) de vitamine D et/ou 1 g d'acides gras oméga-3 (provenant d'algues) par jour et/ou effectuaient 30 minutes de musculation à domicile trois fois par semaine », expliquent les auteurs.

Des échantillons sanguins ont ensuite été prélevés chez chacun des volontaires puis analysés. Ainsi, l’équipe a constaté que la prise d’oméga-3 ralentissait le vieillissement biologique jusqu'à quatre mois d’après plusieurs horloges épigénétiques. Il s’agit de tests biochimiques mesurant l'accumulation de groupes méthyles sur l'ADN pour établir l’âge biologique des gens. Une de ces mesures assure également que la combinaison d'oméga-3, de vitamine D et d’exercice de musculation, réduisaient encore plus efficacement le vieillissement.

Face à ces résultats, les scientifiques avancent que prendre quotidiennement un gramme d'oméga-3 pendant 3 ans ralentit bien le vieillissement. « Ce résultat s’inscrit dans la continuité des résultats de l’étude DO-HEALTH, selon lesquels ces trois facteurs combinés ont eu le plus grand impact sur la réduction du risque de cancer et la prévention de la fragilité prématurée sur une période de trois ans, pour ralentir le processus de vieillissement biologique », ajoute Heike Bischoff-Ferrari, professeure de gériatrie et de médecine gériatrique à l’Université de Zurich.

Universität Zürich : https://www.news.uzh.ch/en/articles/media/2025/omega-3s-aging-process.html

Maladie d’Alzheimer : un test peut détecter la maladie 10 ans avant les premier symptômes
Lundi, 24/03/2025 - 19:29

Des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de Pittsburgh ont développé un test qui peut repérer la pathologie jusqu’à 10 ans avant l’apparition de ces amas sur les scanners. Il est capable de détecter de petites quantités de la protéine tau dans le liquide céphalo-rachidien, et potentiellement le sang. Le test repère les protéines tau problématiques dans le liquide céphalo-rachidien

En étudiant la protéine tau, les chercheurs ont remarqué que sa région centrale est liée à la formation de l'enchevêtrement mis en cause dans la maladie d’Alzheimer. « La détection de sites dans cette région centrale de 111 acides aminés – une séquence qu'ils (les scientifiques) appellent tau258-368 – peut identifier les protéines tau sujettes à l'agglutination et aider à initier d'autres diagnostics et un traitement précoce. En particulier, les deux nouveaux sites de phosphorylation, p-tau-262 et p-tau-356, peuvent informer avec précision sur l'état de l'agrégation de la protéine tau à un stade précoce qui, avec une intervention appropriée, pourrait être inversée », explique le communiqué.

Forte de ces nouvelles connaissances, l'équipe a mis au point le test capable de repérer les protéines tau, porteuses de ces spécificités et donc plus susceptibles de s’agglomérer dans les neurones, dans le liquide céphalo-rachidien. « Notre test identifie les stades très précoces de la formation de l’enchevêtrement de tau – jusqu'à une décennie avant que des amas de tau n'apparaissent sur un scanner cérébral », indique l'auteur principal Thomas Karikari, professeur adjoint de psychiatrie à la Pitt School of Medicine.

Une détection précoce de la maladie d’Alzheimer est un point clé de la lutte contre la pathologie neurodégénérative. « L’amyloïde bêta est un petit bois et la protéine tau est une allumette », ajoute le chercheur. « Un grand pourcentage de personnes qui ont des dépôts de bêta-amyloïde dans le cerveau ne développeront jamais de démence. Mais une fois que les enchevêtrements de protéines tau apparaissent sur un scanner cérébral, il peut être trop tard pour éteindre l’incendie et leur santé cognitive peut rapidement se détériorer. La détection précoce de la protéine tau sujette aux enchevêtrements pourrait permettre d’identifier les personnes susceptibles de développer un déclin cognitif associé à la maladie d’Alzheimer et qui pourraient bénéficier davantage des thérapies de nouvelle génération ».

University of Pittsburgh : https://www.medschool.pitt.edu/news/biomarker-test-can-detect-alzheimers-patholo...

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