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Les mécanismes de déclenchement d'une maladie génétique invalidante dévoilés
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Des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS viennent de mettre en évidence les mécanismes cellulaires impliqués dans la polykystose rénale, une maladie génétique très invalidante qui altère le fonctionnement du rein. Les auteurs ont montré que la dilatation des tubules rénaux à l'origine de la formation de kystes est liée à une croissance désorganisée des cellules qui les composent. Ces travaux, publiés dans la revue « Nature Genetics » permettent de mieux comprendre les premières étapes de cette maladie génétique et constituent une avancée importante pour mieux cibler la recherche des nouvelles voies thérapeutiques.
La polykystose rénale, ou « Polycystic Kidney Disease » (PKD), est une des maladies génétiques les plus répandues dans le monde, devant la mucoviscidose ou la dystrophie musculaire, avec 12,5 millions de personnes atteintes. La PKD est caractérisée par une augmentation progressive du diamètre des tubules rénaux jusqu'à la formation de kystes. Ces kystes deviennent de plus en plus importants et finissent par empêcher le fonctionnement normal de l'organe. Aucun traitement ciblé de la maladie n'existe encore et les patients atteints des formes graves, dont les reins ne fonctionnent plus (environ un patient sur deux au cours de sa vie), doivent être traités par dialyse (traitement de suppléance de la fonction rénale) ou par transplantation rénale.
Si l'on sait que les kystes se développent à partir des tubules du rein, personne ne connaît encore les mécanismes qui provoquent leur formation. Evelyne Fischer et Marco Pontoglio, dans l'Unité d'Expression génétique et maladies, (Institut Pasteur - CNRS), et dirigée par Moshe Yaniv, en collaboration avec l'équipe de Jean-François Nicolas, Unité de biologie moléculaire du développement, (Institut Pasteur - CNRS), ont dévoilé les mécanismes mis en oeuvre au cours du développement rénal, dont le dysfonctionnement est à l'origine de la maladie. En étudiant la phase d'allongement des tubules pendant le développement, les chercheurs ont montré que les cellules qui constituent ces tubules se divisent d'une manière très coordonnée selon l'axe tubulaire. Cette coordination permet aux tubules qui s'allongent de conserver un diamètre constant. Les auteurs ont montré que cette coordination est perdue chez des animaux ayant une polykystose rénale, due à des mutations dans des gènes responsables de polykystose chez l'homme. Les cellules des tubules passent ainsi d'une division cellulaire unidirectionnelle très contrôlée à une orientation aléatoire à l'origine de la dilatation tubulaire et de la formation des kystes. Les travaux des chercheurs de l'Institut Pasteur et du CNRS représentent un nouvel espoir dans la compréhension de la maladie et devraient ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques pour la combattre.
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- Publié dans : Médecine
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