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Un matériau futuriste et durable inventé à Montpellier
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Des chercheurs de l’Institut Charles Gerhardt Montpellier ont mis au point une résine époxy respectueuse de l’environnement, biosourcée et recyclable. La découverte fait l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue américaine Science. Ce nouveau polymère recyclable pourrait trouver de nombreuses applications, dans le sport, l’industrie aéronautique ou encore l'automobile.
« Dans le monde, on produit aujourd’hui chaque année 25 millions de tonnes de composés époxy qui ont l’intérêt d’être extrêmement résistants et très légers, mais ils posent un gros problème environnemental, ils ne sont pas recyclables. Ils sont aussi tous à base de pétrole, et contiennent pour 90 % d’entre eux du bisphénol A, un perturbateur endocrinien », rappelle Sylvain Caillol, chercheur à l’institut Charles Gerhardt de Montpellier.
Lui aussi appartient pourtant à la catégorie de ces plastiques résistant à la chaleur et aux contraintes mécaniques, à ne pas confondre avec les plastiques des bouteilles d’eau ou encore des plats cuisinés, « facilement recyclables », rappelle le chercheur. Pour lui conférer cette même propriété, l’équipe a utilisé des ressources d’origine renouvelable, des dérivés du bois : « La cellulose, qu’on retrouve dans la fabrication de papier », et la lignine, une molécule qui protège les végétaux, mais qui est aujourd’hui « un déchet de l’industrie papetière ».
Soumise à la chaleur et plongée dans un solvant, le méthanol, un alcool (différent de celui des produits alcoolisés, nommé éthanol), la résine époxy inventée n’est plus condamnée à envahir les décharges et polluer la planète lorsqu’elle se dégrade et n’est plus utilisable : « Elle se décompose et est réutilisable pour faire un nouveau composite », explique Sylvain Caillol, passé par l’industrie, chez Rhône-Poulenc, devenu Rhodia, avant de réintégrer une équipe universitaire, à Montpellier, où il s’est formé.
L’innovation ne doit rien au hasard : « On travaille depuis des années à la mise au point de résines à base de ressources renouvelables, sans bisphénol A et notre laboratoire est considéré comme numéro 1 mondial dans le domaine », précise le chercheur. « Très orienté sur la recherche appliquée », ses liens avec le monde de l’industrie lui ont aussi permis de proposer un autre produit époxy biosourcé, « déjà utilisé dans la composition des emboîtures de prothèses ».
Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash
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