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Faut-il interrompre les bétabloquants un an aprés un infarctus du myocarde ?

Une étude dirigée par le Docteur Etienne Puymirat, du département de cardiologie de l'Hôpital européen Georges Pompidou AP-HP et de l'Université Paris-Descartes, en lien avec l'ensemble des services de cardiologie de l'AP-HP, a été menée sur l'intérêt des bétabloquants et les conséquences de leur arrêt sur la mortalité après un infarctus. Ces travaux ont été réalisés à partir des données de l'enquête FAST-MI 2005.

Depuis une quinzaine d'années, l'ensemble de la prise en charge de l'infarctus, de la période pré-hospitalière jusqu'à la sortie de l'hôpital, a beaucoup évolué (réduction du délai de prise en charge par le SAMU/SMUR, amélioration des techniques de réouverture de l'artère coronaire occluse, développement de nouvelles thérapeutiques ...), conduisant à une diminution nette de la taille des infarctus et à une baisse spectaculaire de la mortalité.

Les données de FAST-MI, publiées en 2012, montrent une diminution de la mortalité en France chez les patients hospitalisés pour un infarctus du myocarde d'environ 50 % (entre 1995 et 2010) à 30 jours de l'épisode. Cette diminution de la mortalité précoce se traduit également par une amélioration importante de la survie à plus long terme.

A la suite d'un infarctus, 4 classes de médicaments sont recommandées. L'intérêt d'une d'entre elles, les bétabloquants, est aujourd'hui discuté d'autant que ces traitements sont responsables d'effets indésirables fréquents (fatigabilité, ralentissement psychomoteur, impuissance ...).

L'étude dirigée par le Docteur Etienne Puymirat a porté sur 2 679 patients ayant été hospitalisés pour un infarctus du myocarde, sans antécédent d'insuffisance cardiaque et avec une fonction myocardique conservée.

Afin d'évaluer l'intérêt des bétabloquants et les conséquences de leur arrêt sur la mortalité après un infarctus, les données de FAST-MI 2005 ont été utilisées. Ce registre national, mis en place par la Société Française de Cardiologie et coordonné par le Proesseur Nicolas Danchin du département de cardiologie de l'Hôpital européen Georges Pompidou AP-HP et de l'Université Paris-Descartes, et par le Professeur Tabassome Simon, du département de pharmacologie clinique de l'hôpital Saint-Antoine AP-HP, a permis de suivre 3670 patients inclus dans 223 centres actifs, entre octobre et décembre 2005.

Cette étude montre que l'utilisation de bétabloquants garde un intérêt probable au cours de la première année (et notamment pendant le premier mois après la sortie de l'hôpital, période au cours de laquelle les circuits électriques du coeur restent encore plus ou moins perturbés), où elle est associée à une réduction de 23 % de la mortalité. En revanche, au-delà de cette période, la survie des patients est similaire à long terme, que les patients aient poursuivi ou arrêté leur traitement bétabloquant.

Ces nouvelles données suggèrent donc que le traitement par bétabloquant après un infarctus du myocarde pourrait être interrompu au-delà de la première année chez certains patients, sans risque de surmortalité.

Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash

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