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Deux médicaments améliorent le pronostic du cancer du pancréas
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Le cancer du pancréas compte parmi les cancers les plus difficiles à soigner. Les médecins disposaient jusqu'alors de peu d'options thérapeutiques mais deux médicaments pourraient nettement retarder la survenue des complications et des décès. Ces nouvelles études publiées dans le New England Journal of Medicine pourraient bien changer la prise en charge de cette terrible maladie.
Le Professeur Eric Raymond de l'hôpital Beaujon (Clichy, France) et son équipe ont recruté 171 patients présentant un cancer du pancréas avancé (2 ans d'espérance de vie en moyenne). Chacun a reçu soit 37,5 mg par jour de sunitinib sous forme de gélules, soit un placebo (ni le médecin, ni le patient ne savait s'il était dans le groupe placebo ou le groupe Sutent - principe du double aveugle). Le sunitinib bloque la molécule VEGF, qui est un facteur de stimulation de l'angiogénèse (constitution de néovaisseaux sanguins destinés à alimenter la tumeur).
L'objectif principal de l'étude était de comparer la durée de survie sans aggravation notable de la maladie ("survie sans progression"), ainsi que le taux de réponse au médicament, la survie globale et la sécurité clinique du médicament.
Cette étude a dû être arrêtée prématurément en raison de l'évidente efficacité du médicament : 25 % des patients sous placebo étaient déjà décédés, contre "seulement" 10 % des patients sous sunitinib. Les données recueillies ont également montré que la durée moyenne de survie sans progression était de près d'1 an dans le groupe traité (11,4 mois), contre seulement 5,5 mois dans le groupe placebo. Ce médicament bloque une molécule particulière appelée mTOR, qui est impliquée à la fois dans la croissance des cellules cancéreuses et dans l'angiogénèse.
Près de 10 % des patients avaient une réponse clinique sous Sutent ®, contre 0 % sous placebo. Les effets secondaires les plus fréquents n'ont pas été graves (diarrhée, nausées, vomissements et fatigue). Cependant 12 % des patients ont présenté une baisse des globules blancs, mais apparemment sans conséquences graves.
Le cancérologue américain James Yao et son équipe ont testé une autre molécule habituellement utilisée dans le cancer du rein, l'Evérolimus (Novartis). Pour tester l'efficacité de cette molécule, 410 patients en ont pris 10 mg par jour, sous forme de comprimés, ou un placebo (étude en double aveugle).
Les résultats sont étonnamment comparables à ceux obtenus avec le Sutent ® : la médiane de survie sans progression était de 11 mois sous Afinitor ®, contre 4,6 mois seulement sous placebo. A 18 mois, 34 % des patients sous Afinitor ® étaient encore vivants sans avoir connu une progression de leur maladie, contre seulement 9 % de ceux qui prenaient un placebo.
Ce médicament a également entraîné la survenue d'effets indésirables mais sans conséquence suffisamment graves pour arrêter le traitement. Ces deux médicaments semblent donc doubler, voire tripler à terme, les chances de survie sans progression du cancer du pancréas.
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- Publié dans : Médecine
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