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Des bactéries dans un lac salé de l'Antarctique
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Pour les biologistes, le continent antarctique constitue un véritable eldorado. Depuis longtemps ils y travaillent de concert dans des stations aménagées pour analyser des échantillons de glace. L'un de leurs objectifs est d'y découvrir des traces de vie microscopiques dans un milieu extrême, a priori défavorable à son développement. Dans cette chasse aux micro-organismes, ils ont jeté leur dévolu sur les lacs gelés ou lacs subglaciaires découverts ces dernières décennies. On en recense près de 70 actuellement. Enfoui sous une croûte de glace de plusieurs mètres d'épaisseur, le lac Vida, cartographié depuis les années cinquante, long de 5 km et profond de 5 à 10 m seulement, a longtemps été pris pour un simple bloc de glace avant d'être reconnu comme une véritable étendue d'eau suite à des mesures radar. Hormis sa taille, la particularité de ce lac tient en particulier à son extraordinaire salinité. Sept fois supérieures à celle de l'eau de mer, celle-ci permet d'éviter à l'eau du lac de devenir solide alors que règne un froid intense sous son manteau gelé. La couche de glace de 19 mètres qui recouvre le lac semble parfaitement intacte, sans défaut ni fissure apparente. Le milieu aquatique qu'elle abrite serait donc totalement isolé des interactions extérieures et en ferait un écosystème totalement fermé depuis plusieurs milliers d'années. Ce n'est pas la première fois qu'un tel milieu est identifié sur le continent antarctique. Beaucoup plus grand et plus profond, le lac Vostok, étudié activement depuis 1993, présente les mêmes qualités. Les analyses microbiologiques effectuées n'avaient pas permis de découvrir de nouvelles espèces. Les bactéries découvertes dans deux carottes glaciaires juste au-dessus du lac Vida ont pu être ranimées par les biologistes. Il s'agit, comme à Vostok, d'espèces déjà recensées. Cependant les moyens particuliers qu'elles ont déployés pour s'adapter à l'obscurité, à l'absence d'air, au froid et surtout à la salinité extrême en font une découverte inédite. Les auteurs de l'étude pensent à une réaction chimique spécifique leur permettant de fabriquer l'énergie indispensable à leur survie. Les biologistes souhaitent analyser l'eau liquide sous la couche de glace du lac Vida. Cette opération est techniquement possible, mais délicate en raison des risques de contamination de ce milieu aquatique clos. La Nasa a déjà prévu de financer d'autres travaux de recherche en 2004 utilisant un équipement stérile capable de préserver ce milieu naturel. L'agence spatiale américaine espère trouver des réponses concernant d'hypothétiques traces de vie sur la planète Mars et s'entraîner à la recherche de micro-organismes sur d'autres planètes du système solaire comme Europe, l'une des lunes de Jupiter. Figaro : http://www.lefigaro.fr/sciences/20021218.FIG0180.html
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