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Arthrite : agir directement sur le cerveau pour bloquer la douleur
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L’arthrite est une inflammation aiguë ou chronique des articulations. Son origine peut être rhumatismale (arthrite rhumatoïde) ou infectieuse (arthrite de Lyme par exemple). Cette pathologie invalidante touche plus de 25 millions de personnes dans le monde et environ 300 000 en France.
Traiter la douleur arthritique de manière efficace reste difficile chez un grand nombre de patients. Face à ce défi, une équipe de la Texas Tech University qui étudie la façon dont certains mécanismes cérébraux contribuent à la douleur, a découvert un mécanisme, une cible cérébrale et un composé -déjà documenté- qui ouvrent l’espoir de bloquer « à la racine » le développement de la douleur arthritique.
Les recherches précédentes sur la douleur arthritique étaient plutôt centrées sur la moelle épinière ou les zones périphériques du système nerveux situées à l'extérieur de la moelle épinière et du cerveau. Cette équipe menée par le Docteur Volker E. Neugebauer de la Texas Tech University est partie à la recherche des changements, au plus profond du cerveau, qui contribuent à la persistance, à l'intensité et à d'autres effets secondaires de la douleur arthritique.
La clé de la douleur est dans l’amygdale : l’équipe en est venue à se concentrer sur l'amygdale, une zone située au plus profond du cerveau limbique, impliquée dans la survie, la motivation et les émotions comme la peur, l'anxiété, la dépendance et la douleur. Les chercheurs ont examiné l'activation de récepteurs spécifiques, les récepteurs métabotropiques du glutamate (mGluR II), au sein de l'amygdale. Le glutamate étant le principal neurotransmetteur excitateur.
Ces récepteurs mGluR semblent exercer 2 fonctions opposées : l'activation de ces récepteurs peut déclencher une réponse excitatrice entre les cellules, ce qui augmente la douleur, ou peut déclencher une réponse inhibitrice entre les cellules ce qui réduit la douleur. Tout dépend en fait de leur niveau d’excitation.
Réguler ce mécanisme et donc l’action de ces récepteurs peut donc permettre de contrôler l'activité cérébrale associée à la douleur. Pour obtenir une réponse inhibitrice, l’équipe a testé un composé appelé LY379268, déjà documenté pour sa capacité de réduire, via la moelle épinière, la douleur avec très peu d'effets secondaires. « Nous voulions voir si le composé avait un effet analgésique et déterminer le site d'action.
Dans la recherche sur la douleur, la moelle épinière est traditionnellement la cible d'interventions car elle est plus facilement accessible aux applications médicamenteuses que le cerveau ». Les chercheurs ont injecté le médicament par voie systémique afin qu'il puisse circuler et agir n'importe où dans le corps ou le système nerveux.
Ensuite, ils ont bloqué les récepteurs mGluR dans l'amygdale pour voir si cela éliminait tout effet analgésique. Ils constatent que bloquer les récepteurs uniquement dans l'amygdale inhibe en effet l’action analgésique du médicament. Cela suggère que ce composé n'a pas d'action sur la moelle épinière, mais bien une action dans la zone cible du cerveau, l’amygdale. Et justement, ce composé prometteur a bien des effets sur la moelle épinière, mais pas d’action. C’est la zone de l’amygdale qui communique avec la moelle épinière et régule l'activité de la moelle épinière. Les chercheurs vont à présent étudier plus en détail ce composé LY379268, qui produit via l’amygdale des effets analgésiques et soulage aussi l'anxiété.
Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash
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- Publié dans : Biologie & Biochimie
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