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Anémie et maladie d'Alzheimer : le lien se précise…
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On savait déjà, grâce à une étude réalisée en 2013 par l'Université de Californie sur 2 552 adultes suivis pendant 11 ans et dirigée par Kristine Yaffe, que l'anémie était associée à un plus grand risque de développer une démence, même s'il n'existe pas, selon Kristine Yaffe, de preuves formelles indiquant que la correction de l'anémie est susceptible de diminuer ce risque de démence.
Une nouvelle étude dirigée par Noel G Faux, de l'Institut des Neurosciences de Melbourne, s'est penchée cette fois sur les relations entre anémie et maladie d'Alzheimer en travaillant sur la cohorte AIBL (Australian Imaging Biomarker and Lifestyle) comportant 768 sujets sains, 133 sujets atteints de déficit cognitif léger et 211 sujets atteints par un Alzheimer.
Dans ce travail, les chercheurs ont mesuré 23 paramètres sanguins impliqués dans la synthèse des érythrocytes et le métabolisme du fer. Résultats : il existe des différences significatives entre les groupes concernant l’hématocrite, l’hémoglobine cellulaire, le folate érythrocytaire, la vitesse de sédimentation et l’haptoglobine et enfin la concentration en fer plasmatique chez les malades d'Alzheimer. En revanche, s'agissant des taux de transferrine, aucune différence n'a été observée.
Au final, cette étude révèle une association forte entre anémie et maladie dAlzheimer (Odds ratio = 5,94, intervalle de confiance à 95 %). Après ajustement sur les principaux facteurs de risque connus de la maladie d'Alzheimer, le risque de maladie d’Alzheimer en cas d’anémie a été estimé à 2,43, ce qui confirme les résultats de précédentes études. De manière cohérente, l'étude montre que le risque d'Alzheimer diminue lorsque les concentrations en hémoglobine cellulaire sont élevées (Odds Ratio ajusté = 0,62).
A l'inverse, selon cette étude, la maladie d'Alzheimer constituerait bien un facteur de risque important d’anémie après ajustement des facteurs de risque. L'étude précise que ce risque accru d'anémie n'est explicable par aucun facteur de risque connu, ni par aucun des 31 paramètres biochimiques et hématologiques mesurés. Les chercheurs forment l'hypothèse qu'une altération de l’échange de folate entre sérum et érythrocytes pourrait être un facteur possible contribuant à l’augmentation du risque d’anémie chez les malades d'Alzheimer.
Il semble donc, selon ce travail, qu'il existe bien un double lien de causalité entre l’anémie et la maladie d'Alzheimer, ce qui renforce sensiblement l'intérêt d'un dépistage précoce de l'anémie chez les sujets âgés sains et doit également conduire à mieux prendre en compte les risques spécifiques d'anémie chez le malades d'Alzheimer.
Article rédigé par Georges Simmonds pour RT Flash
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